La semaine dernière se déroulait les célébrations nationales de la fête des Eaux à Phnom Penh. A cette occasion, 4 jours fériés consécutifs, du samedi au mardi, sont accordés à l’ensemble du pays. J’ai donc saisi l’opportunité de ce week-end à rallonge pour partir faire ma première expédition en solo dans le pays : direction les îles paradisiaques du Sud du Cambodge !

Mais une telle destination ça se mérite. Depuis Battambang, pas moins de 15 heures de bus m’attendent pour rejoindre Sihanoukville, lieu de départ des ferrys. J’ai pu goûter au plaisir des bus de nuit où l’on doit partager une couchette plus petite qu’un lit simple avec un total inconnu. Après ce petit trajet des plus agréables, me voilà à Sihanoukville. J’avais entendu dire que cette ville n’était pas très jolie à visiter, mais c’est encore pire que ce que je pensais. Toute la ville est en travaux ! Cette cité balnéaire auparavant assez paisible a complétement changé de visage depuis trois ans du fait d’investissements chinois massifs qui veulent en faire une destination touristique de luxe. Les conséquences de ce développement précipité : de la poussière partout, des ouvriers travaillant dans des conditions exécrables, des cambodgiens chassés de leurs habitations et un environnement complètement délaissé.
A ce stade, rien ne laisse penser que je vais me rendre dans un endroit paradisiaque à part peut-être la concentration d’occidentaux qui augmente de plus en plus en se rapprochant du ferry.
A 16h, j’arrive enfin sur l’île de Koh Rong Sanloem. Le décor est digne de Koh-Lanta avec la civilisation en plus. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien, 2 saisons de l’émission ont été tournées sur l’île voisine de Koh Rong. J’ai l’impression de rentrer dans une bulle dès que je pose mon premier pied sur la jetée. Là-bas, pas de chauffeur de tuk tuk pour m’accoster à chaque pas que je fais, de toute façon il n’y a aucun transport sur l’île.
Ce n’est cependant pas encore le moment de se reposer pour moi. J’ai une heure de marche pour atteindre mon hébergement à Sunset Beach, une plage reculée réputée pour ses couchers de soleil. Je longe la plage principale longue de plus de 2 km où se succèdent resort de luxe et bungalows plus sobres. Les touristes se prélassent entre leur logement et la plage. L’atmosphère est paisible, le temps a l’air de s’être arrêté. Je m’enfonce ensuite dans la jungle pour rejoindre l’autre côté de l’île. Le changement de décor et d’ambiance est brutal lorsqu’on quitte la plage. Avec les cris stridents des insectes, l’atmosphère y est plus inquiétante. Il vaut mieux s’équiper de répulsif anti-moustique ici. Il me semble distinguer des cris de singe parmi le bruit ambiant mais je ne parviens pas à les apercevoir.
Arrivé à Sunset Beach, j’ai juste le temps de prendre mon logement avant de me poser sur la plage pour voir le coucher de Soleil.
Je ne regrette vraiment pas mon choix de logement, cette plage est plus sauvage que la plage principale et le personnel est super accueillant. Malheureusement pour moi je n’ai réservé qu’une nuit ici en pensant que cela suffirait pour profiter de l’île mais au vu de mon arrivée tardive, repartir dès le lendemain serait trop précipité. Je choisis donc de prendre une nuit de plus dans une auberge de la plage principale cette fois car mon premier logement est complet. J’ai donc pu passer deux jours sur l’île entre plage, baignade, snorkeling et balades.
Ces jolies photos ne reflètent cependant pas toute la réalité de l’île. Ce paradis de façade cache quelques vérités plus désagréables. Comme le reste du Cambodge, Koh Rong Sanloem n’est pas épargné par le problème des déchets. Bien que certains hôtels fassent des efforts en nettoyant quotidiennement leur section de plage, cette attitude est loin d’être généralisée. A certains endroits, la pollution visuelle est telle que certains touristes prennent eux-mêmes les choses en main en remplissant des sacs de déchets. Evidemment ces ordures délaissées ne mettent pas très longtemps avant de se retrouver dans la mer.
Durant mon séjour à Koh Rong Sanloem, j’ai également eu le temps de faire quelques balades dans les terres. Et je me suis vite rendu compte que l’île ne se prêtait pas trop à la randonnée. Les chemins ne comportent aucun balisage et il est très compliqué de savoir d’où partir. Ici, on attend plutôt des touristes qu’ils restent tranquillement entre la plage de leur hôtel et le restaurant le plus proche. Animé par mon âme d’explorateur, j’ai quand même décidé de m’enfoncer un peu dans la jungle, enfin ce qu’il en reste. Même si de loin elle semble dense, en y pénétrant on se rend compte que de grandes étendues de forêts ont été abattues. C’est le prix à payer pour subvenir au besoin des complexes hôteliers de plus en plus nombreux sur l’île.

Malgré ces quelques désagréments, j’ai pu profiter pleinement de la douceur de la vie sur l’île au cours de mon séjour. Lors du retour à Sihanoukville, le ferry s’est complètement arrêté au beau milieu de la traversée, créant une petite panique, surtout chez les touristes chinois qui se sont aussitôt mis à enfiler leur gilet de sauvetage. Excepté un qui a plutôt choisi de sortir sa canne à pêche et de lancer son hameçon depuis le ferry. Heureusement cette petite pause a été de courte durée et nous avons pu repartir même si la puissance du bateau semblait bien diminuée. En se rapprochant de Sihanoukville par la mer, on se rend encore mieux compte de la multitude de construction en cours. Il y a autant de grues que d’immeubles construits.

Ma destination suivante est la plage d’Otres Beach, réputée comme étant la plage la plus populaire du Cambodge, à quelques kilomètres du centre de Sihanoukville. Mais là encore, les investissements chinois ont fait leur chemin et les trois kilomètres de plage ne sont qu’une succession d’immeubles en construction.

La plage en elle-même reste toutefois assez agréable et les cambodgiens y sont présents en nombre pour se relaxer et faire des barbecues entre amis ou en famille.
Le lendemain, pour conclure mon voyage, j’avais réservé une excursion en bateau sur les îles voisines. J’ai passé la journée dans un groupe de dix touristes emmenés par notre conducteur de bateau cambodgien qui nous a fait voir plusieurs sites d’intérêts sur des îles presque désertes. Au programme : snorkeling, relaxation sur la plage, barbecue et plongeon depuis un rocher.
Après ce beau séjour rempli de souvenirs et de coups de soleil, il était temps de reprendre le bus de nuit pour rentrer. J’ai une nouvelle fois pu profiter des joies des couchettes que j’ai, cette fois, eu la chance de partager avec un letton alcoolisé, ronflant et un peu envahissant. Avant de revenir à Battambang, j’ai fait escale à Phnom Penh pendant trois jours pour suivre une formation avec les autres membres de mon ONG. Au cours de ce petit séjour dans la capitale, j’ai eu l’occasion de vivre un petit moment privilégié. Un soir après ma journée de formation, j’ai voulu aller courir. Comme les rues de Phnom Penh ne se prêtent pas du tout à la pratique de la course à pied, je me suis rendu au stade olympique qui, contrairement à ce que son nom laisse penser, n’a jamais accueilli les Jeux Olympiques. C’est le seul stade digne de ce nom au Cambodge et il fait partie d’un grand complexe sportif où les cambodgiens se réunissent pour pratiquer tout un tas de sports : aérobic, marche, volley, football, badminton, tennis, sports de combat et même pétanque. Problème : en arrivant sur place, les gens faisaient leur exercice autour du stade mais personne dans le stade qui semblait fermé. J’ai quand même voulu vérifier par moi-même. J’ai réussi à pénétrer à l’extérieur des tribunes puis à descendre jusqu’au bord des grilles de la piste d’athlétisme sans que personne ne m’arrête. Arrivé en bord de terrain, je comprends pourquoi le stade est fermé. Les cambodgiens sont en train de faire les préparatifs pour un match de foot le lendemain. Malgré cela, emporté par mon envie, je demande gentiment à un membre du staff si je peux aller sur la piste pour courir. Il demande à son collègue puis me fait signe que je peux y aller. Le kif ! Une piste à 8 couloirs pour moi tout seul dans un stade de 60 000 places tout éclairé. Malheureusement le plaisir sera de courte durée et je n’aurai le droit qu’à un tour d’honneur. A la sortie du deuxième virage un membre de la sécurité m’attend et me fait signe de quitter la piste. Malgré quelques tentatives de négociation, il ne veut rien entendre. Mon moment de gloire est terminé.
Les photos présentées dans cet article sont un « best-of » de mon expédition. Rendez-vous dans la Galerie Photos pour retrouver l’intégralité des photos avec des commentaires.






























