La perle de l’Océan Indien

Ayubowan à tous !

Depuis la préparation de mon périple, j’avais prévu de m’accorder une pause entre mon volontariat au Cambodge et le suivant au Népal. Un entracte qui me semblait nécessaire pour me remettre des émotions de ma première mission et me préparer à la seconde mais également une nouvelle opportunité de découvrir un autre coin de l’Asie. Mon choix s’est donc porté sur la belle île du Sri Lanka que j’ai pu explorer pendant 3 semaines !

Pour ce voyage j’ai eu la joie d’être rejoint par mon ami Maxence qui s’est accordé une dizaine de jours de vacances pour venir me voir depuis la France et visiter ce beau pays avec moi.


Colombo

Mon séjour a commencé par une visite de la capitale Colombo pendant 2 jours. Une visite loin d’être incontournable mais qui m’a permis de me plonger rapidement dans la culture Sri Lankaise avec les tuk tuks, les petits marchés locaux ou encore mes premiers rice and curry, le plat national à base de riz auxquels divers ingrédients plus ou moins épicés peuvent être ajoutés (lentilles, légumes, poulet…). Colombo est remarquable par la diversité de ses religions : bouddhistes, hindouistes, musulmans et chrétiens s’y côtoient.


Negombo

J’ai ensuite pris la direction de Negombo, à une trentaine de kilomètres au nord, réputée pour son marché aux poissons, le plus important du pays. Tous les matins, les bateaux de pêche viennent y livrer leur butin. Les poissons sont alors préparés pour être soit vendus frais, soit séchés au soleil pendant 2 – 3 jours.

Negombo est aussi caractérisée par l’importante communauté chrétienne qui y habite, cela remontant au XVIIème siècle où les portugais occupaient l’île et y ont diffusé leur religion.

En quittant Negombo, je me suis rendu à l’aéroport où j’ai retrouvé ce bon vieux Maxence et nous nous sommes dirigés ensemble vers Sigiriya, au centre de l’île. Ce fut l’occasion d’expérimenter les bus Sri Lankais et la conduite folle de leurs chauffeurs qui doublent sans aucune visibilité et ne connaissent absolument pas le freinage anticipé.


Sigiriya

Nous avons passé 2 jours à Sigiriya durant lesquels nous nous sommes adonnés à plusieurs activités :

  • Visite du site archéologique de Polonaruwa, qui fut la capitale du Sri Lanka du XIème au XIIIème siècle. La cité est maintenant habitée par tout un tas d’animaux sauvages.
  • Ascension du rocher de Pidurangala au petit matin pour y admirer le lever de soleil depuis le sommet.
  • Safari en Jeep dans un parc naturel à la rencontre des éléphants mais surtout des autres Jeeps qui se massaient par dizaine autour de chaque éléphant. Ceux-ci étaient assez calmes au départ mais ont vite montré des signes d’énervement devant les véhicules qui s’approchaient de trop près et les encerclaient sans leur laisser d’issue. Un éléphant s’en est même pris à une Jeep à côté de la nôtre qu’il a secouée avec force à l’aide de sa trompe pour montrer son agacement. Une activité pas très responsable en résumé.

Nous nous sommes ensuite dirigés vers Kandy, en faisant un arrêt sur la route pour visiter le Rock Temple et le Golden Temple à Dambulla, des lieux de culte bouddhistes perchés sur une colline.


Kandy

Puis nous sommes arrivés à Kandy, une autre ancienne capitale du Sri Lanka (du XVème au XIXème siècle) et qui est connue pour abriter un des sites les plus sacrés de l’île : le temple de la Dent. Il s’agit d’un temple bouddhiste renfermant une relique de dent de Bouddha qui a été retrouvée après sa crémation. Malheureusement cette dent n’est pas visible pour le public qui ne peut qu’entrapercevoir le reliquaire lors d’une des trois cérémonies quotidiennes qui rassemblent à chaque fois des centaines de fidèles.

A proximité de Kandy, nous avons randonné dans la chaîne de montagne des Knuckles Range, un joli coin de nature un peu coupé du monde.

Depuis Kandy nous avons pris le train pour nous rendre à Nuwara Eliya, la ville la plus haute du pays, perchée à quelques 1800 m d’altitude. Un voyage dans un wagon bondé qui nous a offert une bonne immersion dans la culture locale ainsi que de magnifiques paysages dans les plantations de thé des montagnes Sri Lankaises.


Nuwara Eliya

Arrivés à Nuwara Eliya, la température avait nettement diminué et une averse nous attendait. La première pour moi depuis 2 mois et demi. Mais heureusement nous avons pu nous réchauffer et nous restaurer autour d’un excellent Cheese Kottu concocté par notre hôte Sam. Le Kottu est un plat Sri Lankais à base de roti (pain plat rond), de légumes, d’œufs et de viande assaisonné avec quelques épices. Le tout est cuit sur une plaque métallique chaude sur laquelle les différents ingrédients sont réduits en petit morceaux à l’aide de lames en métal dans un grand fracas.

A Nuwara Eliya, nous avons pu louer des VTT chez notre hôte pour explorer les environs :

  • Un premier arrêt à la fabrique de thé Pedro où nous avons reçu une visite guidée de l’usine où les feuilles de thé sont transformées par différents procédés pour produire différents types de thés.

Le saviez-vous ? Le thé vert et le thé noir sont issus de la même plante. La différence entre les deux provient de la fermentation qui est plus importante pour le thé noir.

  • Deuxième étape, les chutes d’eau Lover’s Leap d’une hauteur de 30 mètres et qui offrent depuis leur sommet, un point de vue à couper le souffle au sens figuré mais également au sens propre lorsqu’on ose s’approcher du bord de la paroi rocheuse.
  • Notre troisième et dernière étape était un sommet offrant un superbe point de vue sur la région et que l’on pouvait atteindre à vélo par un chemin escarpé. Malheureusement, mon VTT a rendu l’âme peu avant le sommet lorsque j’ai cassé le corps de roue libre dans une pente raide. J’ai tout de même pu finir à pieds puis redescendre tant bien que mal. Mais une fois arrivé en bas, il restait 3-4 kilomètres à faire pour rallier la maison d’hôte ce qui m’était impossible à réaliser car le système de transmission du vélo ne fonctionnait pas. J’ai donc fait appel à un tuk tuk pour me ramener avec mon vélo à la maison. Une scène qui a surpris plus d’un Sri Lankais !

De retour à la maison d’hôte nous devions déplacer nos affaires vers une autre auberge car toutes les chambres de la maison d’hôte avaient été réservées par une famille de locaux. Sauf que les locaux, amusés par notre présence, se sont pris d’affection pour nous et nous ont invité à rester avec eux. D’abord un peu gênés de s’immiscer dans leur réunion familiale, nous avons finalement accepté leur proposition devant leur insistance. Nous avons donc eu l’honneur de passer une soirée sur le thème de l’échange culturel avec une famille Sri Lankaise au cours de laquelle ils nous ont fait découvrir leur musique, leur langage, leur cuisine et l’Arrack, l’alcool local à base de sève de fleurs de cocotiers.


Adam’s Peak

Après cette belle rencontre, nous avons pris la route de Nallathanniya pour la dernière étape de notre parcours commun avec Maxence : l’ascension de l’Adams Peak, la deuxième montagne la plus haute du Sri Lanka culminant à 2240 mètres et qui est surtout un des lieux les plus sacrés de l’île. A son sommet se trouve une empreinte de pied géante appartenant à Bouddha d’après les bouddhistes. Les musulmans l’attribuent quant à eux à Adam (d’où le nom de l’Adam’s Peak) alors que les hindous y voient la trace du passage de Vishnu ou encore de Shiva. Depuis le pied, un escalier mène en haut via quelques 5500 marches qui se font de plus en plus grandes au fur et à mesure que l’on s’approche du sommet. L’ascension se fait en général de nuit pour arriver en haut pour le lever du soleil. Nous avons donc pris le départ à 3 heures du matin pour nous joindre au flot de personnes venue faire la montée, un mélange de touristes et de fidèles. L’ascension nous a pris un peu moins de 2 heures ce qui est plus rapide que les estimations que nous avions lues. Mais sur le chemin nous avons réalisé que notre exploit était bien maigre par rapport à celui d’autres personnes croisées en route. Parmi elles, des parents avec leur enfant dans les bras et des dames âgées qui gravissaient les marches une à une en se tirant péniblement à l’aide de la rampe, tous guidés par leur seule foi religieuse. Une fois arrivés en haut, des centaines de Sri Lankais étaient déjà massés, blottis dans des couvertures pour lutter contre le froid et le vent glacial présents au sommet. Nous avons fait de même avec nos vêtements les plus chauds et nous avons patiemment attendu le lever du soleil. Malheureusement des nuages sont venus un peu contrecarrer notre plan mais nous avons tout de même eu quelques fenêtres pour admirer le magnifique paysage qui s’offrait à nous.

Après cette étape sportive, nous nous sommes rendus à Colombo où nos routes se sont séparées : Maxence reprenant son avion pour rentrer en France alors que moi je me suis dirigé vers les plages du Sud du Sri Lanka pour 10 jours de surf intensif afin de conclure en beauté mon voyage.


Weligama et Midigama

J’ai d’abord posé mes valises pour 2 jours dans la baie de Weligama où j’ai goûté pour la première fois aux eaux à 28°C de l’Océan Indien. Un bon spot de surf pour une reprise en douceur sur une longue plage de sable mais très fréquenté par les débutants.

Puis deux jours supplémentaires à Midigama et ses spots de Lazy Left et Lazy Right qui doivent leurs noms à leurs vagues un peu molles mais qui ne sont cependant pas pour les feignants car il faut ramer 300 mètres pour les atteindre.


Hiriketiya Beach

Je me suis ensuite dirigé un peu plus à l’Est vers Hiriketiya Beach où j’ai découvert un vrai coin de paradis : une plage enclavée où la jungle rencontre la mer mais surtout un spot de surf rêvé. Bon bien sûr, comme souvent, le désavantage des coins de paradis c’est qu’on est nombreux à vouloir en profiter. En plus de ça, j’ai trouvé une famille d’accueil adorable et très ouverte à l’échange (et où on mangeait bien …). Il ne m’en fallait pas plus pour me convaincre de passer la fin de mon séjour ici.

J’ai donc passé 6 jours ainsi, tantôt à m’éclater sur les vagues tantôt à me relaxer chez ma famille d’accueil. Le spot d’Hiriketiya m’a vraiment offert de bons moments de surf sur des vagues très régulières et qui déroulaient parfaitement. Le seul inconvénient c’est qu’il s’agissait d’un reef break (une plage à fond rocheux pour les non-initiés) et que les rochers ne se trouvaient qu’à quelques centimètres de la surface en fin de vague. Mes pieds en ont bien fait l’expérience puisqu’ils ont chacun goûté au piquant des aiguilles d’oursins !

Mais en plus d’être un spot de surf génial, l’endroit était également très riche en faune aquatique. J’y ai vu plusieurs fois des tortues pointer leur tête à la surface de l’eau à quelques mètres de ma planche. En prenant une vague, j’ai même aperçu (et je suis sûr de moi) un petit requin d’une quarantaine de centimètres environ qui nageait sous ma planche. Je vous jure ! Mais la fois où j’ai le plus halluciné ce fut pour mon dernier jour où j’ai décidé de troquer ma planche pour des lunettes de piscine afin d’explorer les fonds marins du spot que je surfais depuis près d’une semaine. Et quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai réalisé qu’à quelques centimètres en dessous des surfeurs vivaient une population impressionnante de poissons. J’ai observé des bancs de centaines et de centaines de poissons. Malheureusement ni tortue, ni requin pendant ma session de snorkeling.

Il m’a ensuite fallu dire au revoir à ma famille d’accueil et revenir à Colombo pour m’envoler vers le Népal et entamer une nouvelle aventure. Mes 3 semaines au Sri Lanka ont été riches de découvertes et de belles rencontres. L’approche est différente lorsque l’on visite un pays en tant que touriste qu’en tant que volontaire mais je suis content d’avoir pu tout de même partager de bons moments avec la population locale.

A l’heure où je vous écris, j’ai maintenant posé mes valises depuis une quinzaine de jours dans les montagnes népalaises. Un changement de climat et de mode de vie pour le moins radical mais je vous en dirai plus dans un prochain article …

Namasté !

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