La Gestion de Nos Déchets

Par manque de temps durant mon périple asiatique, j’ai un peu délaissé la rédaction d’articles « écocitoyens » comme je m’y étais engagé. Mais, merci le confinement, j’ai pu m’y consacrer davantage depuis mon retour en France. Je reviens donc pour un nouvel article, avec toujours le même objectif de faire prendre conscience des conséquences de notre comportement sur notre environnement et de donner les clés pour agir en faveur d’un futur durable. Et pour ce nouvel article je vais aborder un thème qui me tient particulièrement à cœur et qui a été le fil conducteur de mes missions de volontariat : la gestion des déchets.

Et il y en a des choses à dire à ce sujet qui occupe une place centrale dans notre vie quotidienne et qui pourtant ne nous est pas suffisamment expliqué à nous, citoyens, pour qui la responsabilité se limiterait à trier nos déchets et à les jeter dans la bonne poubelle. Mais notre pouvoir d’action est bien plus important que cela, et c’est seulement en prenant conscience du système de gestion des déchets dans sa globalité que nous serons en mesure d’exploiter tout notre potentiel d’action pour agir de manière plus responsable dans notre vie de tous les jours.


Définitions préalables :

  • Déchet

Selon le code de l’environnement, le mot déchet désigne « tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon ». Cette définition nous apprend deux choses :

    • Les déchets résultent d’un processus de fabrication, c’est-à-dire qu’ils sont toujours générés par une activité humaine. En effet, sans intervention de l’Homme, la nature ne produit aucun déchet par elle-même puisque tout s’y déroule selon des cycles et que donc chaque matériau remplit de nouvelles fonctions à chacune des phases de son cycle de vie. Ainsi la feuille tombée de son arbre n’intervient plus dans le mécanisme de photosynthèse mais elle va maintenant servir à nourrir des insectes et des micro-organismes qui en la digérant vont produire de l’humus qui sera utilisé par l’arbre pour assurer sa croissance et le développement de nouvelles feuilles.
    • La notion de déchet est subjective. Un matériau peut être considéré comme un déchet par son détenteur alors que pour une autre personne il représentera un matériau d’intérêt. Par exemple, certaines personnes considéreront un bocal en verre dénué d’intérêt une fois vidé de son contenu alors que d’autres y verront une opportunité de lui donner une seconde vie en lui attribuant une nouvelle fonction : pot de fleur, boite à épices, récipient pour bougie, rangement pour la salle de bains… Ainsi il est possible de produire moins d’ordures rien qu’en regardant sous un autre œil ce que nous considérions auparavant comme un déchet et en lui accordant une seconde vie.

 

  • Ordures ménagères résiduelles (OMR)

Ce sont les déchets produits par les ménages restant dans la poubelle classique après le tri à la source.

 

  • Déchets Ménagers et Assimilés (DMA)

Cette typologie regroupe deux catégories de déchets :

    • Les déchets ménagers qui regroupent l’ensemble des déchets produits par un ménage et qui sont collectés dans le cadre du service public : ordures ménagères résiduelles (OMR), collectes séparées (recyclage), encombrants et déchets verts.
    • Les déchets assimilés également collectés dans le cadre du service public mais qui résultent des activités des petites entreprises ou administration à la différence des déchets ménagers qui sont produits par les ménages.

Quelques chiffres* :

* Source : ADEME, « Déchets : Chiffres-clés – L’essentiel 2018 »

En 2016, chaque français a produit en moyenne 568 kg de déchets ménagers et assimilés (DMA) auxquels il faut ajouter 700 kg de déchets industriels (hors construction) et 3400 kg de déchets de construction (gravats).

Parmi les DMA, quelques 350 kg/an/habitant sont produits pour les seules ordures ménagères résiduelles et collectes séparées (déchets recyclables et non recyclables) répartis par catégorie de la manière suivante :

Une fois collectés, nos déchets sont traités selon différents modes de traitement qui sont répartis de la manière suivante :

Ces modes de traitement, nous connaissons leur nom mais parfois sans réellement connaître ce qui se cache derrière. Je vais donc les présenter plus en détails en passant en revue leurs avantages et leurs inconvénients car il est essentiel de bien comprendre le devenir de nos déchets pour prendre conscience de l’impact de notre comportement et être en mesure de mieux le maîtriser.


Pour être traité, un déchet a d’abord besoin d’être collecté. En France, deux moyens sont utilisés pour cela :

  • La collecte à domicile pour les ordures ménagères, les encombrants et les déchets ménagers recyclables en fonction des villes (poubelles jaune et verte)
  • La collecte par apport volontaire dans les points tri et les déchetteries

En tant que citoyen, notre responsabilité s’arrête à l’étape de la collecte mais ce n’est pas pour cela qu’il faut ignorer ce qu’il se passe après car cela nous permet de comprendre le véritable impact de nos déchets. Plusieurs modes de traitement s’offrent à eux en fonction de leur type et des infrastructures disponibles sur notre territoire.


I. Enfouissement

L’enfouissement, ou la mise en décharge, a longtemps été le mode de traitement privilégié des déchets, du fait de son coût particulièrement bas. Il y a quelques dizaines d’années, chaque commune possédait sa propre décharge dont le fonctionnement était très peu réglementé et qui apportait son lot de pollutions (visuelle, olfactive et des sols). Aujourd’hui, le nombre de décharge a significativement diminué et leur fonctionnement est bien plus encadré. Des enjeux de protection de l’environnement notamment ont relégué le stockage des déchets au rang de dernier maillon de la chaîne. Dernier maillon, mais certainement pas des moindres puisqu’il reste celui drainant les tonnages les plus importants.

En France, à l’heure actuelle, on distingue 3 types de décharges différenciées selon le type de déchets qu’elles accueillent :

  • Décharge de classe 1 pour déchets « dangereux »

Elles accueillent principalement des déchets industriels spéciaux présentant un caractère dangereux pour l’environnement et la santé humaine. Ces décharges de classe 1 sont également appelées Installations de Stockage de Déchets Dangereux (ISDD). On en compte 14 en France.

A leur arrivée au centre de stockage, les déchets sont mélangés avec un ciment pour former un béton afin de les emprisonner. Ils sont ensuite enfouis par groupe de compatibilité dans des alvéoles différenciées. Leurs conditions de stockage sont très strictes (équipements spéciaux et systèmes d’étanchéité) afin d’éviter que les polluants qu’ils contiennent se répandent dans l’environnement.

 

  • Décharge de classe 2 pour déchets « non dangereux »

Également appelés Installations de Stockage des Déchets Non Dangereux (ISDND), ces décharges accueillent les déchets ménagers et assimilés (DMA) ainsi que les déchets industriels banals (DIB). Même si leur nombre est en baisse, il en existe toujours environ 200 en France.

Selon une loi de 2002, il est interdit d’enfouir dans ces décharges autre chose que des « déchets ultimes ». D’après le Code de l’Environnement, un déchet ultime est défini comme tout déchet « résultant ou non du traitement d’un déchet, qui n’est plus susceptible d’être traité dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son caractère polluant ou dangereux ». Le concept de « conditions techniques et économiques du moment » est peu précis et dépend de chaque territoire ce qui laisse place à des interprétations diverses de la définition. Ainsi, sur certains territoires, un déchet organique peut légalement être considéré comme un déchet « ultime » alors qu’ailleurs il est composté.

Le fonctionnement des ISDND est très réglementé. Pour limiter leur volume, les déchets sont compressés en blocs à leur arrivée à la décharge. Afin d’éviter toute pollution des sols, le fond des alvéoles, dans lesquelles les déchets sont enfouis, est tapissé d’une géomembrane totalement étanche à laquelle sont ajoutées d’autres couches d’imperméabilité qui visent notamment à retenir les lixiviats. Ces « jus de décharge » sont constitués d’eau de pluie qui s’infiltre dans les alvéoles et se charge en éléments polluants, les rendant impropres à un rejet en l’état dans le milieu naturel. C’est pourquoi, ils sont collectés et traités avant d’être rejetés dans l’environnement.

La dégradation des déchets génère du biogaz composé de gaz à effet de serre (principalement du méthane) et de gaz porteur de nuisances olfactives. Ainsi, la loi impose aux exploitants de capter ce biogaz et ils sont incités à le valoriser en production d’électricité et/ou de chaleur.

  • Décharge de classe 3 pour déchets inertes

Également appelés Installations de Stockage des Déchets Inertes (ISDI), ces décharges accueillent principalement des déchets du bâtiment et des travaux publics (terres, gravats, déchets de démolition, etc). Il en existe plus de 1000 en France.

Des trois catégories de décharges, ce sont les moins réglementées même si elles ont rejoint le rang d’Installation Classée pour la Protection de l’Environnement (ICPE) en 2015.

 

Bilan

L’enfouissement, procédé ancestral de gestions des déchets, a été beaucoup modernisé de manière à intégrer d’avantage les considérations environnementales. Néanmoins, il conserve beaucoup de contraintes. Faisons donc le bilan des avantages et inconvénients de ce mode de traitement des déchets :

Avantages :

  • Solution économique
  • Solution relativement simple techniquement
  • Valorisation énergétique du biogaz (bien qu’elle ne soit pas systématique)

Inconvénients :

  • Condamnation des terres pendant plusieurs centaines d’années le temps que les déchets se dégradent
  • Risque de pollution des sols
  • Génération de lixiviat
  • Production de CO2 par combustion du biogaz
  • Pas de valorisation de la matière et peu de valorisation énergétique

Très en vogue il y a quelques années pour leur simplicité d’utilisation, le nombre de décharges est aujourd’hui en baisse du fait des nouvelles contraintes qui leur sont imposées. Mais l’enfouissement demeure, malgré tout, le mode de traitement des déchets le plus utilisé en France.

A l’avenir, le recours aux décharges devrait encore diminuer avec les politiques mises en place et le développement des autres voies de traitement. Elles ne sont cependant pas vouées à disparaître car elles restent la seule façon de traiter des déchets non valorisables autrement.


II. Incinération

L’incinération consiste à réduire de manière très importante les volumes de déchets en les brûlant. Pour les ménages, ce procédé ne concerne que les ordures ménagères résiduelles. L’énergie dégagée par ce processus peut être valorisée soit en distribuant directement la chaleur produite, soit en l’utilisant pour produire de l’électricité.

Mais Jamy, comment est-ce que ça fonctionne concrètement ?

1) Les déchets, majoritairement ceux des collectivités locales et des ménages, sont acheminés par camion jusqu’à la centrale d’incinération où ils sont stockés dans une grande fosse. Ici, contrairement aux centres de stockage, les déchets ne sont pas compressés à leur arrivée.

2) Depuis la fosse, les déchets sont transférés dans le four à l’aide d’un grappin.

3) Dans le four, les déchets sont brûlés à haute température (entre 800°C et 1000°C).

4) La chaleur générée sert à produire de la vapeur. Deux options sont alors possibles :

    • Soit la vapeur est utilisée pour chauffer l’eau d’un réseau de chauffage urbain.
    • Soit la pression de la vapeur est utilisée pour faire tourner une turbine qui va entraîner un alternateur afin de produire de l’électricité.

5) La combustion des déchets génère des résidus, appelés mâchefers, qui représentent tout de même près de 25 % du tonnage entrant. C’est là que se retrouvent par exemple le verre et le métal que nous jetons dans notre poubelle d’ordures ménagères. Ces incombustibles sont pour la plupart recyclés sous forme de sous-couche routière ou en remblais. Mais une partie d’entre eux n’est pas valorisable et doit être éliminée en décharge de classe 2.

6) Les fumées résultantes de l’incinération sont chargées en matières polluantes (dioxines, gaz acides, métaux lourds), c’est pourquoi il est nécessaire de les traiter par injection de chaux et de charbon actif.

7) Les fumées sont dépoussiérées après passage dans des filtres.

8) Les Résidus d’Epuration des Fumées d’Incinération des Ordures Ménagères (REFIOM) sont envoyés dans un centre de stockage de catégorie 1, pour déchets dangereux, car ils sont très nocifs.

9) Les fumées épurées respectant la réglementation sont rejetées dans l’atmosphère.

 

En France on compte plus de 120 incinérateurs qui traitent quelques 13 millions de tonnes de déchets par an. Mais comme vous le savez, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Donc que deviennent ces 13 millions de tonnes de déchets qui sont brûlés avec un apport d’oxygène en excès ?

  • Plus de 3 millions de tonnes de mâchefers sont générés
  • 0,5 millions de tonnes de REFIOM partent en décharge de classe 1
  • Et le reste ? Plus de 10 millions de tonnes de gaz s’échappent dans l’atmosphère via les fumées. Pas mal de vapeur d’eau, mais aussi beaucoup de CO2. En effet, l’incinération des déchets produit chaque année en France l’équivalent des émissions de CO2 de plus de 2 millions de voitures. Et pour cause, la combustion d’une tonne de déchets ménagers génère plus d’une tonne de CO2. Pensez-y quand vous jetez vos épluchures de légumes par exemple : 1 kg d’épluchures jeté = 1 kg de CO2 rejeté dans l’atmosphère. Il vaut mieux se mettre au compostage à ce prix-là !

 

Bilan

L’incinération est donc un mode de traitement des déchets radical mais qui traîne dans son sillage beaucoup de défauts. Dressons un bilan des plus et des moins de cette technique :

Avantages :

  • Élimination d’un gros volume de déchets rapidement
  • Production d’énergie

Inconvénients :

  • Nécessité d’enfouir une partie des mâchefers et les REFIOM respectivement dans des décharges de catégorie 2 et 1
  • Emission d’une grande quantité de CO2
  • Pas de valorisation de la matière : les déchets qui sont incinérés ont d’abord eu une vie de produit durant laquelle ils ont nécessité de la matière première et de l’énergie pour être manufacturés. En les brûlant nous perdons toute cette valeur pour ne récupérer que l’énergie intrinsèque du matériau.

 

Il va sans dire que l’incinération des déchets ne s’inscrit absolument pas dans une démarche cyclique puisque ce procédé consiste à se débarrasser de matériaux d’intérêt en ne valorisant que leur énergie intrinsèque. Ce mode de traitement, bien qu’efficace, ne peut pas être envisagé comme une solution durable.


III. Recyclage

Le recyclage consiste à récupérer des déchets et à les réintroduire, après traitement, dans le cycle de production.

Pour être recyclé, un déchet doit d’abord être trié pour pouvoir être dirigé vers la filière de traitement qui lui correspond. Ainsi, un déchet recyclable jeté dans la poubelle d’ordures ménagères résiduelles ne sera jamais recyclé car il n’y a pas de tri à posteriori. Le rôle du citoyen dans cette première étape est donc primordial et conditionne l’efficacité de toute la chaîne de traitement qui suit.

Mais cela n’est pas toujours évident de savoir si un déchet est recyclable ou non et la signalétique sur les emballages n’est pas forcément là pour nous aider. Le logo « point vert » en est la preuve :

Ce logo présent sur bon nombre de nos emballages ne signifie en rien qu’ils sont recyclables contrairement à ce qu’il pourrait nous laisser croire. En réalité, il signale seulement que le fabricant du produit verse une contribution à l’Etat pour la valorisation des emballages.

Le logo auquel on peut faire confiance pour le recyclage c’est celui-là :

Triman, c’est son petit nom, est arrivé en 2015 pour harmoniser la signalétique et les consignes de tri. Ce logo est obligatoire sur tous les emballages et produits recyclables (sauf le verre), sur les notices ou tout autre support dématérialisé.

Et sinon, en encore plus clair il y a les infos- tri :

Avec ça, pas moyen de se tromper, mais encore faut-il qu’elles soient présentes sur l’emballage.

 

Après le tri, les déchets recyclables sont collectés et acheminés en centre de tri par camion. Si le contenu d’un camion contient trop d’erreur de tri, celui-ci peut être refusé et redirigé vers une décharge ou une centrale d’incinération. D’où l’intérêt de bien trier à la source.

Au centre de tri, un premier tri mécanique puis un second manuel s’opèrent afin de regrouper les déchets par type de matière (acier, aluminium, papier, carton, plastiques de différents types …). Ils sont ensuite compactés et mis en balle pour être expédiés dans les usines de recyclage appropriées. Selon la matière traitée, ces usines peuvent se trouver à proximité du territoire ou bien beaucoup plus loin. C’est le cas pour certains types de plastiques avec peu d’intérêt qui étaient expédiés en Chine jusqu’à il n’y a pas si longtemps, avant que le pays ne les accepte plus.

 

A l’inverse des technologies d’élimination des déchets comme l’enfouissement ou l’incinération, le recyclage permet de préserver la matière pour la réintégrer dans d’autres produits. Cela permet donc d’économiser des matières premières (bois, pétrole, aluminium, fer, sable …) ainsi que de l’énergie pour les transformer. Cependant, le traitement des matières recyclables et leur remise en circulation est également consommatrice d’énergie et la plupart du temps, des matières premières doivent être ajoutées pour fabriquer un nouvel emballage bien que les proportions soient bien moindres que lors de la fabrication d’un emballage à partir de matières premières seules.

Le recyclage ne peut donc pas être considéré comme un procédé cyclique car à chaque « cycle » il faut réincorporer de la matière première et de l’énergie. Il faut plutôt le voir comme un moyen de limiter l’impact de notre consommation sur l’environnement. Le recyclage permet ainsi d’éviter chaque année en France l’équivalent de 20 millions de tonnes de C02.

Le développement du recyclage se heurte toutefois à un obstacle majeur : son coût. Ainsi, beaucoup de matières recyclables ne sont pas recyclées car leur traitement n’est pas rentable. C’est notamment le cas de beaucoup de plastiques pour lesquels le processus de traitement est complexe et donc coûteux ce qui oblige à vendre la matière issue de la filière recyclage à un prix non compétitif par rapport à celui de la matière issue de la matière première. Ceci est d’autant plus vrai quand le prix du pétrole est au plus bas, comme c’est le cas à l’heure actuelle.

 

Bilan

Avantages :

  • Economie de matières premières
  • Réduction d’émission de gaz à effet de serre

Inconvénients :

  • Non rentable pour la plupart des produits
  • Complexité du tri
  • Illusion d’une démarche cyclique mais en réalité la plupart des matériaux ne peuvent pas être recyclés indéfiniment et leur traitement requiert un apport d’énergie et de matières premières
  • Beaucoup de transports dans le processus de traitement

 

Le recyclage est donc un mode de traitement des déchets qui prend en compte les enjeux environnementaux que sont l’économie des matières premières et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour se développer davantage et supplanter l’incinération ou la mise en décharge, le recyclage doit devenir plus compétitif. Cela passe notamment par un meilleur tri à la source afin d’éviter les dépenses inutiles liées aux erreurs de tri.


IV. Valorisation organique

La valorisation organique désigne les modes de gestion spécifiques aux déchets biodégradables (déchets alimentaires, déchets verts, déchets agricoles …). Deux voies sont principalement utilisées : le compostage et la méthanisation

1. Le Compostage

Le compostage consiste en la fermentation de déchets organiques sous l’action de micro-organismes et en présence d’oxygène. Il produit du gaz carbonique, de la chaleur et un résidu organique stable (faible potentiel de biodégradabilité), riche en nutriments : le compost.

Le compostage peut être mis en place à différentes échelles : compostage centralisé sur certains territoires, compostage partagé dans certains quartiers, mais surtout compostage individuel.

Le compostage individuel permet aux particuliers de traiter à domicile leurs déchets organiques. Et ce n’est pas réservé aux personnes disposant d’un jardin ! En effet, un autre mode de compostage qui s’adapte parfaitement aux contraintes de la vie en appartement existe : le lombricompostage. Le principe est le même que le compostage sauf qu’ici les déchets organiques ne sont pas transformés par des micro-organismes mais par des vers qui les digèrent avant même qu’ils n’aient eu le temps de fermenter ce qui permet d’éviter toute odeur nocive. La matière produite, très fertile, peut être utilisée comme engrais pour les plantes de l’appartement.

Les matières biodégradables représentent 29% de notre poubelle d’ordures ménagères. En compostant, on réduit donc drastiquement la quantité de nos déchets qui sont traités par enfouissement ou par incinération.

 

Bilan

Avantages :

  • Facile à mettre en place
  • Réduit de manière significative notre quantité d’ordures ménagères
  • Produit du compost très utile pour jardiner

Inconvénients : Aucun. Alors, qu’est-ce qu’on attend ?


2. La Méthanisation

La méthanisation consiste en la dégradation par des micro-organismes de déchets biodégradables en l’absence d’oxygène (à l’inverse du compostage). Ce traitement biologique s’accompagne de production de biogaz riche en méthane qui est valorisé énergétiquement. La méthanisation génère également un produit riche en matière organique, appelé digestat, qui peut être épandue sur des sols directement ou après une phase de compostage. Ce digestat ne fait cependant pas l’unanimité du fait de la présence d’éléments pathogènes qui peuvent s’infiltrer dans les sols par ruissellement.

La méthanisation est un processus plus complexe que le compostage car il nécessite des installations particulières, notamment pour le traitement du biogaz. De ce fait il ne peut pas être envisagé à l’échelle individuelle et nécessite un apport consistant de déchets organiques pour assurer la rentabilité de l’infrastructure. C’est pourquoi il est davantage utilisé pour les déchets agricoles que pour les déchets organiques des ménages.

 

Bilan

Avantages :

  • Valorisation énergétique du biogaz
  • Production de digestat épandu comme engrais

Inconvénients :

  • Odeurs nauséabondes
  • Digestat potentiellement polluant pour les sols
  • Fuite possible de méthane et autres gaz à effet de serre dans l’atmosphère

Les déchets organiques ont un potentiel de valorisation important. Il serait donc dommage de les jeter avec les autres déchets dans la poubelle d’ordures ménagères où ils seraient éliminés sans valorisation spécifique.

A l’échelle des ménages, la solution du compostage individuel convient parfaitement en demandant très peu d’effort d’entretien et en apportant un beau terreau pour les jardiniers du dimanche.


V. Comment sont traités les déchets sur mon territoire ?

Nous avons fait le tour des principaux modes de traitement des déchets utilisés en France mais comme nous l’avons vu, la gestion des déchets est spécifique à chaque territoire en fonction des infrastructures qu’il possède. Pour une vision plus concrète, je vous conseille donc de vous renseigner sur la façon dont sont traités vos déchets sur votre territoire.

A titre d’exemple, sur mon territoire, la Haute-Vienne, mes ordures ménagères sont collectées par camion puis apportées dans une station de transit située à un dizaine de kilomètres de chez moi. Après compactage les déchets sont transportés vers l’usine d’incinération de Limoges qui traite les déchets de tout le département, soit 100 000 tonnes par an. L’énergie produite permet de chauffer l’équivalent de 4000 logements.

En ce qui concerne les déchets recyclables, ils sont acheminés vers un centre de tri d’une capacité de 18 000 tonnes par an où ils sont regroupés par catégorie de matière pour être acheminés vers la filière adaptée.

La Haute-Vienne est également équipée d’une Installation de Stockage des Déchets Non Dangereux accueillant les encombrants des déchèteries et les déchets d’activités économiques d’artisans-commerçants. Ce site ne possède aucun équipement pour valoriser le biogaz produit. Celui-ci est donc simplement brûlé à l’air libre par une torchère.


VI. Conclusion

Face aux volumes colossaux de déchets que nous avons à gérer, c’est bien souvent la solution de facilité qui est choisie, à savoir l’élimination en masse soit par enfouissement, soit par incinération. Ces deux modes de traitement, en plus d’être potentiellement polluants et la source d’émission de gaz à effet de serre, ne constituent pas des modes de valorisation des déchets à proprement parler puisque dans les deux cas la matière constitutive des déchets est détruite.

A l’inverse, le recyclage est un mode de traitement qui prend en compte le potentiel matière que représente un déchet et cherche à le valoriser. Mais il ne faut pas se voiler la face, le recyclage d’un matériau est un procédé coûteux en énergie et ne permet pas en général de régénérer toute la matière. Cette solution n’empêche donc pas le lent épuisement des ressources de notre planète et ne fait que le ralentir.

Donc on résume : L’incinération ? C’est non. L’enfouissement ? Encore moins. Le recyclage ? Fausse bonne idée …

Et si, plutôt que de chercher des solutions plus compliquées les unes que les autres pour traiter nos déchets de manière convenable, on tuait le problème à la racine ? Limiter nos déchets, voilà la vraie solution. Et cela est à la portée de tous. Je vous ai présenté une solution, le compostage, qui permet déjà de réduire d’1/3 la quantité de nos ordures ménagères. Et des alternatives comme celle-là, il en existe des tas. En voici une liste non exhaustive :

  • Proscrire les produits à usage unique

Sac plastique, bouteille d’eau, vaisselle à jeter, lingettes, gobelet jetable … Tout ces produits ont un point commun : ils vont directement à la poubelle après leur utilisation. A la place, on peut utiliser des objets à usages multiples : sac en toile, gourde, vaisselle réutilisable, chiffon en microfibres, mug ou gobelet réutilisable …

  • Réduire le gaspillage alimentaire

Le gaspillage alimentaire représente un gâchis de 150 kg par habitant et génère à lui seul 3 % des émissions de CO2 en France. Pour lutter contre cela, un peu d’organisation est de rigueur pour ne pas laisser la nourriture se perdre : établir une liste de ce dont on a besoin avant d’aller faire les courses, consommer les produits les plus anciens en premier. Mais le gâchis a aussi lieu en « amont », c’est-à-dire au cours des phases de production, de distribution et de transformation. Pour limiter cela, évitez les intermédiaires en achetant directement aux producteurs. Cela permettra également de lutter contre le suremballage des produits. Et ne laissez pas sur le carreau ces pauvres fruits et légumes « moches » qui sont pourtant tout aussi bons que leurs camarades.

  • Limiter les emballages

Dans notre mode de consommation, nous pouvons trouver des moyens de limiter le recours aux emballages :

    • Acheter des recharges pour les produits ménagers et d’hygiène plutôt que de racheter le produit avec l’emballage
    • Eviter les produits aux emballages superflus : cartonnette du dentifrice, carton autour des yaourts …
    • Opter pour les produits en vrac
    • Préférer les emballages grand format aux portions individuelles (sachets de riz, dosettes de sucre, portions individuelles de fromage)
    • Se lancer dans le « fait maison » : savon, produits ménagers, yaourt …

  • Apposer un autocollant STOP PUB sur sa boîte aux lettres

Un moyen simple de s’affranchir des 40 kg de prospectus que nous recevons tous les ans dans notre boîte aux lettres sachant qu’ils sont pour la plupart consultables sur Internet ou en magasin. L’autocollant STOP PUB est disponible gratuitement dans la plupart des mairies ou Conseils Départementaux, à l’accueil de certaines grandes surfaces, dans les antennes des associations de défense des consommateurs ou sinon en l’achetant sur Internet.

  • Donner aux organismes de récupération

Comme moi vous avez peut-être profité du confinement pour faire un peu de tri dans vos vieilles affaires. Emporté par notre enthousiasme, on a souvent tendance à vouloir se débarrasser le plus vite possible de tout ce que nous avons mis de côté et la solution la plus simple se révèle souvent être la déchetterie. Mais cette option est adaptée seulement pour des objets inutilisables qui seront soient valorisés pour leurs matériaux, soit mis en décharge si jetés dans la benne des encombrants. Pour tout autre bien (textile, meuble, électroménager, livre …) encore utilisable, il vaut mieux les orienter vers des ressourceries qui s’occuperont de remettre en état le produit pour qu’il soit réemployé. En plus de cela, les ressourceries jouent souvent un rôle de sensibilisation et génèrent des emplois pour des personnes en réinsertion sociale.

Toutes ces solutions s’intègrent dans la transition vers un monde plus respectueux de l’environnement, cela passe par un changement des mentalités et des comportements.

Il faut cependant garder en tête que cette transition écologique doit se faire à l’échelle mondiale car les problématiques de l’économie des matières premières et de la limitation des émissions de gaz à effet de serre n’ont pas de frontières. Il ne faut donc pas laisser sur la touche les pays en développement comme le Cambodge et le Népal pour lesquels le manque d’infrastructures et de sensibilisation rend le problème de la gestion des déchets encore plus compliqué.

La bienveillance et la solidarité, voilà quelles sont les clés du monde de demain.


 C’est en initiant les plus petites actions que l’on amorce de grands changements

– Pierre Rabhi –


Sources :

Il était une fin

Cela ne vous a pas échappé, nous traversons en ce moment une crise sanitaire mondiale qui affecte tout le monde, de près ou de loin. Le Népal n’a bien entendu pas été épargné et bien que peu de cas de coronavirus aient été officiellement recensés dans le pays, le gouvernement a décidé de durcir de plus en plus ses mesures pour limiter la propagation du virus jusqu’à mettre en place un confinement total de la population depuis le 24 mars.

Depuis Nishanke, dans les contreforts de l’Himalaya, toute cette agitation nous semblait d’abord bien lointaine mais nous avons progressivement été rattrapés par l’actualité qui s’est faite de plus en plus pressante. Notre organisation nous a alors fait comprendre que soit nous choisissions de rentrer chez nous tant que cela était encore possible soit nous consentions à rester pour une durée indéterminée le temps que la crise passe. Nous avons ainsi perdu plus de la moitié des volontaires qui soit par choix soit par obligation ont été contraints de rentrer chez eux.

De mon côté, j’ai d’abord choisi de rester en me disant que j’étais mieux dans la campagne népalaise qu’en France à ce moment-là. De plus j’étais enthousiasmé à l’idée de pouvoir donner une tournure vraiment humanitaire à ma mission en préparant la communauté à la crise. Mais en réalité nous avons été rattrapés par le confinement, nous contraignant à rester soit dans notre famille d’accueil, soit au centre des volontaires. Autrement dit plus de balades à vélo, plus de treks ou de visite du pays à la fin de ma mission, plus de contact avec les locaux, plus de mission humanitaire. C’est pour toutes ces raisons que j’ai finalement consenti à mettre fin à mon aventure prématurément.

Mais entre prendre la décision de rentrer et effectivement rentrer chez soi, le chemin à parcourir est tortueux lorsqu’on se trouve dans un des endroits les plus isolés de la planète en temps de crise. Il y a d’abord eu les tentatives de communication infructueuses avec l’ambassade de France au Népal complètement débordée par les événements. Sur les réseaux sociaux, des rumeurs de vols de rapatriement naissent et disparaissent chaque jour (les vols commerciaux sont eux tous annulés), faisant augmenter le stress pour moi qui ai besoin d’une journée de transport pour rejoindre l’aéroport à Katmandou. Au bout de plusieurs jours sans nouvelles de l’ambassade, je décide finalement de me rendre à Katmandou par mes propres moyens pour être directement disponible en cas d’annonce d’un vol du jour pour le lendemain.

Mes adieux avec ma famille d’accueil et mes camarades volontaires se font un peu dans la précipitation mais j’ai malgré tout le temps de savourer ces derniers instants de partage. Je laisse derrière moi deux mois d’aventure humaine incroyable immergé dans une culture si lointaine mais avec des gens tellement accueillants et joyeux.

Me voilà donc parti en Jeep pour un voyage de plus de 10 heures jusqu’à Katmandou avec un arrêt à Okhaldhunga pour obtenir mon autorisation de voyager car les routes sont normalement fermées. En chemin nous avons rencontré un éboulement massif causé par des travaux en haut de la montagne. Pas d’autre choix que de nous frayer nous même un chemin en dégageant des pierres de plusieurs dizaines de kilos. Une opération un tout petit peu dangereuse, surtout quand une pierre ayant glissé du haut de la montagne est venue s’éclater à quelques mètres de nous.

Le reste du trajet fut heureusement un peu plus paisible, bercé par le balancement de la Jeep sur les routes cabossées et par les chansons népalaises à la radio.

Nous sommes arrivés de nuit dans un Katmandou complètement désert et j’ai été déposé au bureau de mon association où j’étais resté trois jours à mon arrivée au Népal. 5 autres volontaires européens étaient déjà présents, soit en attente d’un rapatriement comme moi, soit bloqués dans leur voyage par le confinement. En groupe, l’attente est rendue moins pénible malgré l’interdiction totale de sortir. Il faut dire que les conditions de vie ne sont pas si désagréables avec un grand bâtiment rien que pour nous et un petit jardin superbement fleuri où nous pouvions nous prélasser sous un soleil radieux et des températures de plus de 25°C.

Je renoue peu à peu avec des éléments de confort que j’avais abandonnés plusieurs mois auparavant : la douche chaude, un matelas épais, de l’électricité presque sans interruption, la télé (avec Netflix)…

Tranquillement, notre routine s’installe autour de nos activités quotidiennes : repas, sieste, jeux de société, sport, film… Et puis au bout de 5 jours, le mail tant attendu de l’ambassade arrive annonçant un vol de rapatriement dans les prochains jours. Marie, une autre volontaire française est aussi dans la liste des passagers avec moi. Une autorisation exceptionnelle de sortir nous est accordée afin de pouvoir régler les détails administratifs à l’ambassade. L’occasion de constater les conséquences du confinement sur la capitale du Népal. Toute l’agitation que j’avais constatée à mon arrivée dans le pays a complétement disparu. Les rues sont quasiment vides. Au loin nous apercevons les montagnes enneigées de l’Himalaya, ce qui n’arrive jamais en temps normal car un nuage de pollution surplombe constamment la vallée de Katmandou. A Thamel, le quartier touristique, toutes les boutiques et quasiment tous les hôtels sont fermés alors que le mois d’avril correspond normalement à la haute saison touristique.

Après une semaine d’attente dans la bonne humeur à Katmandou, l’heure du grand retour arrive enfin. Encore des adieux de bon matin avec les autres volontaires et nous voilà partis à 4h30 du matin pour une balade d’une trentaine de minutes avec 25 kg sur les épaules pour rejoindre la navette qui nous amènera à l’aéroport. Là-bas, un avion affrété par le gouvernement français nous attend. Il servira à ramener à Paris 300 personnes dont une grande majorité de français mais aussi quelques autres européens.

Depuis l’avion je fais mes au revoir à l’Himalaya si imposant mais que je n’ai jamais pu approcher. Une de mes principales frustrations est de n’avoir jamais pu apercevoir le Mont Everest qui était pourtant si proche de moi. Mais je me suis promis de revenir dans ce beau pays pour accomplir ce que j’ai laissé inachevé.

Le samedi 04 avril au soir, me voilà de retour sur le sol français après 6 mois d’un périple mémorable. A l’aéroport je suis attendu par mon père qui est venu me chercher pour me ramener dans mon Limousin natal pour un confinement chez mes parents. Les retrouvailles se font à distances réglementaires bien sûr. J’en ai profité pour initier mes parents à la culture népalaise en leur distribuant des cadeaux qu’on m’avait remis pour eux à mon départ de Nishanke : un dakatopi (chapeau traditionnel népalais) pour mon père de la part du père de ma famille d’accueil et un collier porté par les femmes lors des cérémonies pour ma mère offert par Deepa.

De retour dans ma zone de confort, je reprends tranquillement mes marques et redécouvre la cuisine française dont j’avais été privé pendant plusieurs mois : tartiflette, magret de canard, barbecue, raclette, pâtisseries et j’en passe… Ça change du Dahl Baat !

C’est ainsi que se termine mon aventure, mais je n’en ai pas fini avec vous pour autant ! Il y a encore beaucoup de choses que j’ai envie de partager sur mon expérience que je n’avais pas pu raconter lors de mon voyage par manque de temps. Mais bonne nouvelle : du temps j’en ai à profusion maintenant ! Je vous invite donc à continuer de suivre mon blog car je vais continuer à publier des articles dans les semaines à venir.

D’ici là, portez-vous bien !

PS : Vous serez heureux d’apprendre que Motachie coule des jours paisibles au bureau de VIN à Katmandou pour récupérer de tout ce que je lui ai fait endurer, en attendant de se trouver un nouveau compagnon d’aventure.

Namaste

Elles sont à plusieurs centaines de kilomètres de moi mais je parviens tout de même à distinguer leurs silhouettes depuis l’avion. Plus je m’en rapproche plus je parviens à en discerner les détails. Leurs sommets enneigés et les nuages s’entremêlent. Avant d’atterrir, le pilote nous donne des tours de manège gratuits en tournant autour de l’aéroport pendant 30 minutes. Une vue à 360° s’offre alors à nous sur la chaîne qui semble s’étirer sans fin. Depuis mon hublot j’observe avec émerveillement ces géants dont je ne connais pas encore le nom mais que je vais tutoyer pendant plus de 3 mois. Puis l’avion plonge et dévoile un paysage très accidenté façonné par des cultures en terrasse avant de laisser apparaitre Katmandou et sa vallée. Ça y est j’y suis : les montagnes, l’Himalaya, le Népal !!!

Ah le bon air de la montagne ! Pas vraiment … Le Népal est en fait l’un des pays les plus pollués du globe et la vallée de Katmandou en est le foyer avec ses 3,5 millions d’habitants et son trafic infernal.

A mon arrivée à l’aéroport, je suis attendu par Akkal qui doit me conduire en voiture à mon hébergement qui est aussi le bureau de l’association. Nous traversons le capharnaüm de la capitale avec sa circulation dense et désordonnée, ses rues poussiéreuses et ses installations électriques qui laissent à désirer … Mais bon, avec déjà quatre mois d’Asie derrière moi, le dépaysement est moindre.

J’arrive au QG de l’ONG pour laquelle je vais travailler pendant 10 semaines. Volunteers Initiative Nepal (VIN) est une association qui se donne pour mission d’aider les communautés marginalisées du Népal avec le support de volontaires internationaux et locaux. L’organisation a été créée en 2005. A l’heure actuelle ses deux zones d’action sont la vallée de Katmandou et le district d’Okhaldhunga, le lieu de ma mission, où VIN s’est implanté en 2013.

A mon arrivée à l’hébergement je rencontre les autres volontaires qui démarrent leur mission en même temps que moi et avec qui je vais partager les 3 jours d’introduction : un anglais, un bulgare et une française (ils sont partout ceux-là :D). Tous les trois vont rester dans la vallée de Katmandou. Plus tard nous serons rejoints par Mike et Andy, deux américains qui vont faire leur mission au même endroit que moi. Après les présentations et les premiers échanges, nous nous rendons ensemble à Thamel, le quartier touristique de Katmandou où les rues sont parsemées de boutiques d’équipement pour la montagne. C’est d’ailleurs pour ça que je m’y rends car après le Cambodge et le Sri Lanka, le changement de température est radical au Népal. C’est l’hiver ici et la nuit la température descend en-dessous de 5°C, dehors comme dans les maisons qui ne sont ni chauffées ni isolées. Je dois donc m’équiper en conséquence car pour l’instant ce que j’ai de plus chaud dans ma valise est un sweat. Dans les boutiques on trouve tout un tas de produits à des prix très avantageux lorsqu’on arrive à négocier. Je me fais donc plaisir : manteau, polaire, sous-pull, chaussures de randonnée.

De retour à notre hébergement, c’est l’heure du diner, mon premier repas népalais. Je ne sais pas à ce moment-là que ça sera le même repas que je mangerai matin et soir pendant tout mon séjour : le fameux Dahl Baat, qui se traduit par Riz et Lentilles. En gros, une assiette de riz avec une soupe de lentilles et un curry de légumes.

Le lendemain, VIN nous a prévu une visite pour nous familiariser avec la culture népalaise. Nous nous rendons à Bhaktapur, capitale du Népal jusqu’au XVème siècle, une ville abritant d’anciens temples hindous faits de briques et de bois.

Mais quelque chose cloche avec ces bâtiments. Certains ont en effet l’air d’avoir traversé les siècles alors que d’autres semblent au contraire sortis de terre l’année dernière. Et pour cause, ils ont été reconstruits au cours des dernières années après que la ville ait été ravagée par le séisme de 2015. Celui-ci a tragiquement affecté une bonne partie du Népal, que ce soit au camp de base de l’Everest ou dans la vallée de Katmandou. A Bhaktapur, tous les bâtiments n’ont pas eu le même traitement de faveur que les temples et en me baladant dans la ville je me rends compte de l’étendue des dégâts : des bâtiments effondrés, d’autres complètement penchés ou avec des fissures dans les murs.

Outre ces stigmates du séisme difficiles à ignorer, la ville est charmante avec ses ruelles remplies d’artisans locaux qui mettent en valeur des produits ancestraux qui font la renommée de l’artisanat népalais. On y a découvert le khukuri un couteau robuste qui peut être utilisé aussi bien pour couper des bambous que pour abattre des buffles. J’ai d’ailleurs pu l’expérimenter sur le lieu de ma mission … pour couper du bambou je vous rassure. Nous avons assisté à une démonstration de l’usage du bol chantant tibétain qui produit des vibrations impressionnantes capables de faire frétiller l’eau et qui est utilisé en médecine traditionnelle pour soigner les maux. Les ruelles abritent également de nombreux potiers.

Les deux jours suivants nous les avons passés au bureau de VIN où nous avons été initiés à la culture népalaise, au langage, aux conditions de vie. J’y ai également reçu plus de détails sur ma mission qui consiste à améliorer l’accès à l’eau pour des communautés isolées et qui doivent souvent faire plusieurs kilomètres de marche pour s’alimenter en eau.

A Katmandou je me suis aussi trouvé un compagnon d’aventure qui va je l’espère m’être fidèle jusqu’à la fin de mon voyage et avec qui je compte passer de grands moments. Son nom est Motachie.

Après tous ces préparatifs, c’est enfin l’heure du grand départ vers le district d’Okhaldhunga où nous nous rendons en Jeep avec Mike, Andy et Motachie qui voyage sur le toit. A vol d’oiseau, le lieu de ma mission ne se trouve qu’à 135 km de Katmandou mais par les routes de montagne cela représente 250 km soit une dizaine d’heures de trajet entre routes goudronnées, chemins de terre, contournement d’éboulements, traversées dans le lit de la rivière … Au fur et à mesure de notre avancée les routes se font de moins en moins fréquentées et les 15 derniers kilomètres reliant Okhaldhunga, la capitale du district, à Nishanke, le village où je vais poser mes valises, sont une vraie épreuve de rodéo. Dans la Jeep il me faut bien mes deux mains pour m’accrocher au siège de devant et éviter d’être trop secoué.

A l’arrivée à Nishanke nous sommes accueillis par Uttar, un des deux coordinateurs de VIN rattachés au district d’Okhaldhunga. Motachie fait déjà ses premiers curieux. Puis nous sommes présentés à nos familles d’accueil où nous recevons une écharpe, cadeau d’accueil traditionnel au Népal. On nous applique également la tika sur le front, point rouge fait de grains de riz mélangés à de la peinture rouge. Puis vient la rencontre avec les autres volontaires : les espagnols Fernando et Cati, les népalaises Deepa et Dolma ainsi que Clément, mon compatriote et aussi mon nouveau coloc puisque nous sommes hébergés chez la même famille d’accueil.

 Ils nous font visiter le village (ce qui est assez vite fait puisqu’il ne compte qu’une cinquantaine de maisons) ainsi que le Community Learning Center (CLC) un bâtiment construit par VIN et inauguré 2 jours avant notre arrivée (bien que les travaux n’y soient pas totalement finis). A première vue, le bâtiment semble complètement disproportionné et très luxueux comparé au village. Il comporte trois étages et un autre est à venir. Il est même prévu d’y construire un ascenseur. La cour compte trois fontaines ce qui fait un peu tâche dans un village où l’eau manque. Le CLC est dédié au développement de la communauté en offrant tout un tas d’équipement et de service : apprentissage de l’anglais, cours d’informatique, bibliothèque, salles de réunion … Mais pour l’instant la plupart de ces services ne sont pas opérationnels par manque d’employés. A l’heure actuelle, les seules personnes à occuper le bâtiment à temps plein sont les ouvriers encore sur le chantier et les volontaires pour lesquels un étage est pleinement dédié avec des dortoirs, une salle de vie et une cuisine. C’est là où je passerai la plupart de mes journées.

Le soir nous revenons chez notre famille d’accueil pour le diner. L’occasion de faire un peu plus connaissance même si très vite la barrière de la langue se fait sentir. Heureusement, Clément, plus expérimenté que moi, m’aide à comprendre et à acquérir les trois mots essentiels pour survivre : khanney, tore, pugyo ; signifiant respectivement : j’en veux, un peu, assez. Le tout se référant bien évidemment à la nourriture ! Notre famille d’accueil est composée de Hira, une femme très énergique et toujours de bonne humeur et de Tej, un peu moins énergique car handicapé par des problèmes de santé et qui est professeur d’anglais dans une école du village. Mais ne vous y méprenez pas, Tej est certes un des meilleurs en anglais du village mais le niveau est tellement bas que cela ne signifie pas pour autant qu’il est capable de tenir une conversation en anglais. Ça promet pour l’éducation des enfants …

En ce qui concerne la maison, elle est constituée de 3 étages.

Au rez de chaussée se trouve le shop d’Hira où elle vend tout un tas d’articles allant du matériel scolaire au paquet de cigarettes. A côté se trouve la cuisine/salle à manger. La plupart des aliments sont cuits au feu alors que la cuisine n’est pas aérée. Voilà pourquoi je n’arrête pas de tousser depuis que je suis arrivé. D’autant plus que la fumée n’est pas des plus saines car Hira utilise du plastique pour démarrer le feu.

Derrière la cuisine se trouve une autre pièce où la fumée peut être également très dense parfois. Il s’agit de la fabrique de roksi, un alcool à base de riz ou de millet qu’Hira distille dans de grandes marmites trouées. Au premier étage de la maison se trouvent trois chambres. Elles étaient avant en partie occupées par les trois enfants de Tej et Hira mais ils ont tous quittés la maison pour suivre des études à Katmandou. La première chambre est donc désormais occupée par les volontaires, la seconde par des personnes de passage et la troisième par Tej et Hira. Le deuxième étage, sous le toit, abrite une quatrième chambre ainsi qu’un petit temple hindou, juste au-dessus de notre chambre dans lequel Hira se rend tous les matins vers 6 heures pour y sonner une cloche afin d’accueillir le nouveau jour.

En ce qui concerne les toilettes, elles sont probablement parmi les plus luxueuses du village. Elles sont à l’occidentale avec une chasse d’eau fonctionnelle. Il y a même une douche même si l’eau y est glacée. Mais le tout est bien sûr dépendant de l’approvisionnement en eau qui est la préoccupation majeure de la communauté puisque le village est fréquemment soumis à des coupures d’alimentation. Notre maison est équipée de plusieurs réservoirs d’eau qui permettent de créer un stock afin de faire face aux périodes de pénurie. Ces réservoirs sont remplis à partir d’un tuyau commun à plusieurs habitations, où l’eau coule ponctuellement. Autant dire que lorsque l’eau arrive, la bataille fait rage entre les femmes du village pour connecter le tuyau avec son propre réseau pour alimenter ses réservoirs.

L’eau est à l’origine de nombreuses maladies dans la communauté, c’est pourquoi il est fortement déconseillé de la consommer directement. Notre maison est équipée d’un filtre à eau mais c’est loin d’être le cas de toutes les habitations du village. Cependant la plupart de l’eau que l’on boit n’a pas été stérilisée par filtration mais par ébullition. Elle est ensuite servie avec du thé ou directement sous forme d’eau chaude pure, ce qui est bien agréable pour se réchauffer.

Outre ces quelques luxes propres à ma maison d’accueil, globalement les conditions de vie sont assez rudimentaires. Les chambres ne sont pas isolées, et encore moins chauffées donc la température à l’intérieur est à peu de choses près la même qu’à l’extérieur. Le wifi, on n’en parle même pas, il n’y en a pas dans les maisons, seulement au CLC et encore ça dépend des moments. En plus de cela, le village est soumis à des coupures de courant plusieurs fois par jour pouvant aller de quelques secondes à plusieurs heures. Ce problème ne concerne pas que le district d’Okhaldhunga mais est commun à tout le Népal bien que les campagnes soient les plus touchées. L’explication est simple : l’électricité disponible est inférieure à la demande, le courant est donc coupé à tour de rôle dans chacune des régions pour laisser les autres en profiter.

Ces petites difficultés font partie de notre quotidien et nous n’avons pas d’autres choix que de nous y adapter. Au début les va et vient du courant nous faisaient réagir mais maintenant, lorsqu’une coupure d’électricité intervient au cours d’une discussion, nous continuons à parler comme si rien ne s’était passé.  Ce qui peut apparaître comme des désagréments, nous le prenons en fait comme une opportunité de décrocher du monde de sur-confort auquel nous sommes habitués et d’expérimenter un mode de vie moins matérialiste. Cela permet d’apprécier des choses plus simples. Et il y en a des choses à apprécier dans ce beau pays à commencer par notre environnement. Nishanke est situé à 1500 m d’altitude, dans une région de collines selon les népalais. Mais croyez-moi, au vu des dénivelés que je déguste à VTT, il s’agit bien de montagnes. Ce terme (himal en népalais) est en fait réservé aux régions enneigées qui se situent à des altitudes supérieures à 3000 m. Le village se situe sur une crête et domine donc deux vallées, ce qui offre des paysages magnifiques et toujours différents d’un jour à l’autre qu’on ne se lasse jamais de regarder. La région est très humide et poussiéreuse au cours de la saison sèche, ce qui bouche souvent la vue. Si bien qu’il m’a fallu patienter trois semaines pour qu’enfin je puisse apercevoir les géants qui se dressent à une cinquantaine de kilomètres de moi.

Depuis je les vois plus régulièrement et à chaque fois c’est la même magie. Ces pics culminent à environ 7000 m d’altitude et juste derrière se trouve l’Everest, à 88 km de nous. Mais le toit du monde ne se laisse pas observer si facilement et préfère se cacher derrière ses gardes du corps. Pour l’apercevoir il faut s’en rapprocher significativement.

Pour l’instant je me contente de me balader dans « les collines » grâce à mon ami Motachie qui me permet de partir dans des explorations plus lointaines qu’avec mes seules jambes. Il n’est cependant pas si facile de progresser dans ces chemins rocailleux aux pentes extrêmes.

Un petit point stats pour les connaisseurs : à ce jour j’ai avalé 300 km en 12 sorties pour un total de 15 000 m de dénivelé positif ce qui correspond à une pente moyenne de 10% 😛 Si vous le désirez, vous pouvez suivre mes sorties sur l’application Strava (même si elle ne fonctionne pas toujours bien).

Voici un échantillon des photos que j’ai pu prendre au cours de mes promenades. Vous pouvez en retrouver davantage dans la galerie photos.

Une glissade dans la gadoue et un dérailleur cassé me contraignent à faire un break d’une dizaine de jours avec Motachie, mais ce n’est que pour mieux se retrouver après.

Bon sinon je suis aussi là pour bosser… Dès mon arrivée, on m’a fait comprendre que le sujet de l’accès à l’eau était une préoccupation majeure pour la communauté. C’est difficile à réaliser pour nous qui n’avons qu’à tourner le robinet de notre cuisine pour voir de l’eau potable couler, mais dans les contreforts de l’Himalaya, le sujet est bien plus problématique. Bien que le Népal soit le deuxième pays du globe avec la plus grande quantité d’eau douce disponible, beaucoup de communautés rencontrent des difficultés à s’approvisionner, notamment lorsqu’elles sont situées au sommet des montagnes, comme c’est le cas à Nishanke. Cet approvisionnement est encore plus difficile durant la saison sèche, d’octobre à mai, lorsque certaines sources sont épuisées. Ainsi, les habitants doivent parfois marcher pendant plus d’une heure pour trouver une source où se ravitailler et remplir leurs jarres d’eau. Ce sont d’ailleurs les femmes qui sont en général chargées de cette dure tâche.

Ma mission consiste donc à rendre plus facile et plus fiable l’accès à l’eau pour les habitants de la communauté. Mes premiers pas ont été un peu compliqués car sur place personne ne connaissait vraiment le sujet et on m’a simplement montré certains points d’intérêts tels que des robinets publics ou encore un site où des ouvriers creusaient pour enterrer un pipeline. J’ai donc entrepris un travail d’investigation pour avoir une vision plus claire de la situation réelle de l’approvisionnement en eau pour la communauté. Pour cela je me suis rendu à plusieurs reprises à Okhaldhunga, la « grande ville », pour y rencontrer des personnes en mesure de me fournir des renseignements. Je me suis ainsi rendu compte que plusieurs projets étaient déjà en cours pour alimenter la communauté en eau et notamment celui du pipeline qui permettra d’approvisionner l’ensemble du village de Nishanke d’ici 3 mois. VIN ne possédait probablement pas ces informations qui remettent en question mon utilité sur place.

Je ne me suis cependant pas pour autant reposé sur mes lauriers et je me suis lancé en parallèle sur un autre sujet qui est un autre gros problème pour la communauté : la gestion des déchets. A l’heure actuelle les habitants ne disposent d’aucune infrastructure ou d’aucun service pour traiter leurs déchets. Ils doivent donc les gérer eux-mêmes, soit en les brûlant, soit en les rejetant dans la nature. Fort de mon expérience au Cambodge, j’ai donc proposé la solution des écobriques qui me semblent parfaitement adaptée à la communauté et devrait permettre de collecter et de réutiliser la majorité des déchets plastiques produits. Je travaille donc à mettre en place cette solution dans la communauté et à y faire adhérer les habitants qui doivent en être les principaux acteurs.

J’ai déjà bien entamé ma mission de dix semaines qui s’achèvera le 11 avril. Après je me suis laissé plus d’un mois pour explorer le Népal et voir les montagnes d’un peu plus près avant mon retour en France le 21 mai !

Vous vous demandez peut-être ce qu’il en est de la situation du Népal par rapport au coronavirus. A l’heure actuelle (17 mars) un seul cas a été recensé dans le pays. Le gouvernement a décidé de suspendre la délivrance des visas aux étrangers par prévention. Au vu du manque d’infrastructure de santé et de l’état sanitaire assez précaire du pays, il est important de limiter la propagation pour garder la situation sous contrôle.

Je sais que pour vous en France la situation est beaucoup plus compliquée et je vous souhaite beaucoup de courage pour traverser cette mauvaise période.

Prenez bien soin de vous !

A la prochaine

La perle de l’Océan Indien

Ayubowan à tous !

Depuis la préparation de mon périple, j’avais prévu de m’accorder une pause entre mon volontariat au Cambodge et le suivant au Népal. Un entracte qui me semblait nécessaire pour me remettre des émotions de ma première mission et me préparer à la seconde mais également une nouvelle opportunité de découvrir un autre coin de l’Asie. Mon choix s’est donc porté sur la belle île du Sri Lanka que j’ai pu explorer pendant 3 semaines !

Pour ce voyage j’ai eu la joie d’être rejoint par mon ami Maxence qui s’est accordé une dizaine de jours de vacances pour venir me voir depuis la France et visiter ce beau pays avec moi.


Colombo

Mon séjour a commencé par une visite de la capitale Colombo pendant 2 jours. Une visite loin d’être incontournable mais qui m’a permis de me plonger rapidement dans la culture Sri Lankaise avec les tuk tuks, les petits marchés locaux ou encore mes premiers rice and curry, le plat national à base de riz auxquels divers ingrédients plus ou moins épicés peuvent être ajoutés (lentilles, légumes, poulet…). Colombo est remarquable par la diversité de ses religions : bouddhistes, hindouistes, musulmans et chrétiens s’y côtoient.


Negombo

J’ai ensuite pris la direction de Negombo, à une trentaine de kilomètres au nord, réputée pour son marché aux poissons, le plus important du pays. Tous les matins, les bateaux de pêche viennent y livrer leur butin. Les poissons sont alors préparés pour être soit vendus frais, soit séchés au soleil pendant 2 – 3 jours.

Negombo est aussi caractérisée par l’importante communauté chrétienne qui y habite, cela remontant au XVIIème siècle où les portugais occupaient l’île et y ont diffusé leur religion.

En quittant Negombo, je me suis rendu à l’aéroport où j’ai retrouvé ce bon vieux Maxence et nous nous sommes dirigés ensemble vers Sigiriya, au centre de l’île. Ce fut l’occasion d’expérimenter les bus Sri Lankais et la conduite folle de leurs chauffeurs qui doublent sans aucune visibilité et ne connaissent absolument pas le freinage anticipé.


Sigiriya

Nous avons passé 2 jours à Sigiriya durant lesquels nous nous sommes adonnés à plusieurs activités :

  • Visite du site archéologique de Polonaruwa, qui fut la capitale du Sri Lanka du XIème au XIIIème siècle. La cité est maintenant habitée par tout un tas d’animaux sauvages.
  • Ascension du rocher de Pidurangala au petit matin pour y admirer le lever de soleil depuis le sommet.
  • Safari en Jeep dans un parc naturel à la rencontre des éléphants mais surtout des autres Jeeps qui se massaient par dizaine autour de chaque éléphant. Ceux-ci étaient assez calmes au départ mais ont vite montré des signes d’énervement devant les véhicules qui s’approchaient de trop près et les encerclaient sans leur laisser d’issue. Un éléphant s’en est même pris à une Jeep à côté de la nôtre qu’il a secouée avec force à l’aide de sa trompe pour montrer son agacement. Une activité pas très responsable en résumé.

Nous nous sommes ensuite dirigés vers Kandy, en faisant un arrêt sur la route pour visiter le Rock Temple et le Golden Temple à Dambulla, des lieux de culte bouddhistes perchés sur une colline.


Kandy

Puis nous sommes arrivés à Kandy, une autre ancienne capitale du Sri Lanka (du XVème au XIXème siècle) et qui est connue pour abriter un des sites les plus sacrés de l’île : le temple de la Dent. Il s’agit d’un temple bouddhiste renfermant une relique de dent de Bouddha qui a été retrouvée après sa crémation. Malheureusement cette dent n’est pas visible pour le public qui ne peut qu’entrapercevoir le reliquaire lors d’une des trois cérémonies quotidiennes qui rassemblent à chaque fois des centaines de fidèles.

A proximité de Kandy, nous avons randonné dans la chaîne de montagne des Knuckles Range, un joli coin de nature un peu coupé du monde.

Depuis Kandy nous avons pris le train pour nous rendre à Nuwara Eliya, la ville la plus haute du pays, perchée à quelques 1800 m d’altitude. Un voyage dans un wagon bondé qui nous a offert une bonne immersion dans la culture locale ainsi que de magnifiques paysages dans les plantations de thé des montagnes Sri Lankaises.


Nuwara Eliya

Arrivés à Nuwara Eliya, la température avait nettement diminué et une averse nous attendait. La première pour moi depuis 2 mois et demi. Mais heureusement nous avons pu nous réchauffer et nous restaurer autour d’un excellent Cheese Kottu concocté par notre hôte Sam. Le Kottu est un plat Sri Lankais à base de roti (pain plat rond), de légumes, d’œufs et de viande assaisonné avec quelques épices. Le tout est cuit sur une plaque métallique chaude sur laquelle les différents ingrédients sont réduits en petit morceaux à l’aide de lames en métal dans un grand fracas.

A Nuwara Eliya, nous avons pu louer des VTT chez notre hôte pour explorer les environs :

  • Un premier arrêt à la fabrique de thé Pedro où nous avons reçu une visite guidée de l’usine où les feuilles de thé sont transformées par différents procédés pour produire différents types de thés.

Le saviez-vous ? Le thé vert et le thé noir sont issus de la même plante. La différence entre les deux provient de la fermentation qui est plus importante pour le thé noir.

  • Deuxième étape, les chutes d’eau Lover’s Leap d’une hauteur de 30 mètres et qui offrent depuis leur sommet, un point de vue à couper le souffle au sens figuré mais également au sens propre lorsqu’on ose s’approcher du bord de la paroi rocheuse.
  • Notre troisième et dernière étape était un sommet offrant un superbe point de vue sur la région et que l’on pouvait atteindre à vélo par un chemin escarpé. Malheureusement, mon VTT a rendu l’âme peu avant le sommet lorsque j’ai cassé le corps de roue libre dans une pente raide. J’ai tout de même pu finir à pieds puis redescendre tant bien que mal. Mais une fois arrivé en bas, il restait 3-4 kilomètres à faire pour rallier la maison d’hôte ce qui m’était impossible à réaliser car le système de transmission du vélo ne fonctionnait pas. J’ai donc fait appel à un tuk tuk pour me ramener avec mon vélo à la maison. Une scène qui a surpris plus d’un Sri Lankais !

De retour à la maison d’hôte nous devions déplacer nos affaires vers une autre auberge car toutes les chambres de la maison d’hôte avaient été réservées par une famille de locaux. Sauf que les locaux, amusés par notre présence, se sont pris d’affection pour nous et nous ont invité à rester avec eux. D’abord un peu gênés de s’immiscer dans leur réunion familiale, nous avons finalement accepté leur proposition devant leur insistance. Nous avons donc eu l’honneur de passer une soirée sur le thème de l’échange culturel avec une famille Sri Lankaise au cours de laquelle ils nous ont fait découvrir leur musique, leur langage, leur cuisine et l’Arrack, l’alcool local à base de sève de fleurs de cocotiers.


Adam’s Peak

Après cette belle rencontre, nous avons pris la route de Nallathanniya pour la dernière étape de notre parcours commun avec Maxence : l’ascension de l’Adams Peak, la deuxième montagne la plus haute du Sri Lanka culminant à 2240 mètres et qui est surtout un des lieux les plus sacrés de l’île. A son sommet se trouve une empreinte de pied géante appartenant à Bouddha d’après les bouddhistes. Les musulmans l’attribuent quant à eux à Adam (d’où le nom de l’Adam’s Peak) alors que les hindous y voient la trace du passage de Vishnu ou encore de Shiva. Depuis le pied, un escalier mène en haut via quelques 5500 marches qui se font de plus en plus grandes au fur et à mesure que l’on s’approche du sommet. L’ascension se fait en général de nuit pour arriver en haut pour le lever du soleil. Nous avons donc pris le départ à 3 heures du matin pour nous joindre au flot de personnes venue faire la montée, un mélange de touristes et de fidèles. L’ascension nous a pris un peu moins de 2 heures ce qui est plus rapide que les estimations que nous avions lues. Mais sur le chemin nous avons réalisé que notre exploit était bien maigre par rapport à celui d’autres personnes croisées en route. Parmi elles, des parents avec leur enfant dans les bras et des dames âgées qui gravissaient les marches une à une en se tirant péniblement à l’aide de la rampe, tous guidés par leur seule foi religieuse. Une fois arrivés en haut, des centaines de Sri Lankais étaient déjà massés, blottis dans des couvertures pour lutter contre le froid et le vent glacial présents au sommet. Nous avons fait de même avec nos vêtements les plus chauds et nous avons patiemment attendu le lever du soleil. Malheureusement des nuages sont venus un peu contrecarrer notre plan mais nous avons tout de même eu quelques fenêtres pour admirer le magnifique paysage qui s’offrait à nous.

Après cette étape sportive, nous nous sommes rendus à Colombo où nos routes se sont séparées : Maxence reprenant son avion pour rentrer en France alors que moi je me suis dirigé vers les plages du Sud du Sri Lanka pour 10 jours de surf intensif afin de conclure en beauté mon voyage.


Weligama et Midigama

J’ai d’abord posé mes valises pour 2 jours dans la baie de Weligama où j’ai goûté pour la première fois aux eaux à 28°C de l’Océan Indien. Un bon spot de surf pour une reprise en douceur sur une longue plage de sable mais très fréquenté par les débutants.

Puis deux jours supplémentaires à Midigama et ses spots de Lazy Left et Lazy Right qui doivent leurs noms à leurs vagues un peu molles mais qui ne sont cependant pas pour les feignants car il faut ramer 300 mètres pour les atteindre.


Hiriketiya Beach

Je me suis ensuite dirigé un peu plus à l’Est vers Hiriketiya Beach où j’ai découvert un vrai coin de paradis : une plage enclavée où la jungle rencontre la mer mais surtout un spot de surf rêvé. Bon bien sûr, comme souvent, le désavantage des coins de paradis c’est qu’on est nombreux à vouloir en profiter. En plus de ça, j’ai trouvé une famille d’accueil adorable et très ouverte à l’échange (et où on mangeait bien …). Il ne m’en fallait pas plus pour me convaincre de passer la fin de mon séjour ici.

J’ai donc passé 6 jours ainsi, tantôt à m’éclater sur les vagues tantôt à me relaxer chez ma famille d’accueil. Le spot d’Hiriketiya m’a vraiment offert de bons moments de surf sur des vagues très régulières et qui déroulaient parfaitement. Le seul inconvénient c’est qu’il s’agissait d’un reef break (une plage à fond rocheux pour les non-initiés) et que les rochers ne se trouvaient qu’à quelques centimètres de la surface en fin de vague. Mes pieds en ont bien fait l’expérience puisqu’ils ont chacun goûté au piquant des aiguilles d’oursins !

Mais en plus d’être un spot de surf génial, l’endroit était également très riche en faune aquatique. J’y ai vu plusieurs fois des tortues pointer leur tête à la surface de l’eau à quelques mètres de ma planche. En prenant une vague, j’ai même aperçu (et je suis sûr de moi) un petit requin d’une quarantaine de centimètres environ qui nageait sous ma planche. Je vous jure ! Mais la fois où j’ai le plus halluciné ce fut pour mon dernier jour où j’ai décidé de troquer ma planche pour des lunettes de piscine afin d’explorer les fonds marins du spot que je surfais depuis près d’une semaine. Et quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai réalisé qu’à quelques centimètres en dessous des surfeurs vivaient une population impressionnante de poissons. J’ai observé des bancs de centaines et de centaines de poissons. Malheureusement ni tortue, ni requin pendant ma session de snorkeling.

Il m’a ensuite fallu dire au revoir à ma famille d’accueil et revenir à Colombo pour m’envoler vers le Népal et entamer une nouvelle aventure. Mes 3 semaines au Sri Lanka ont été riches de découvertes et de belles rencontres. L’approche est différente lorsque l’on visite un pays en tant que touriste qu’en tant que volontaire mais je suis content d’avoir pu tout de même partager de bons moments avec la population locale.

A l’heure où je vous écris, j’ai maintenant posé mes valises depuis une quinzaine de jours dans les montagnes népalaises. Un changement de climat et de mode de vie pour le moins radical mais je vous en dirai plus dans un prochain article …

Namasté !

Nouvelles d’Asie

Chers lecteurs,

Je vous ai laissés sans nouvelles pendant plus d’un mois et pour cause, j’ai été très occupé au cours de ces dernières semaines. Mais ne vous inquiétez pas, je ne vous ai pas oubliés pour autant et je vais essayer de rattraper mon retard.


Les derniers jours au Cambodge

Mon mois de décembre a été très chargé avec de nombreuses sorties. Dans cet article je n’en raconterai que quelques-unes. Pour les autres vous pourrez retrouver les photos correspondantes dans la galerie photos accompagnées d’explications.


Ochoam

Je me suis rendu pour la troisième et dernière fois à Ochoam accompagné de mes amis cambodgiens. J’y ai dispensé une formation pour les membres de la communauté sur la fabrication d’écobriques pour qu’ils puissent commencer à collecter eux-mêmes leurs déchets plastiques et les réutiliser en faisant des écobriques. Au vu de mon temps très limité sur le terrain, je n’ai pas pu aller plus loin dans ce projet à mon grand regret. Mais pour m’assurer de la continuité de mon travail, j’ai écrit une lettre aux futurs volontaires arrivant en février qui prendront ma suite pour leur expliquer ce que j’ai commencé à mettre en place et leur donner des conseils pour poursuivre sur le sujet.


Réveillon de Noël

Le Cambodge étant un pays majoritairement bouddhiste, la célébration de Noël ne fait pas vraiment partie de la culture khmère. C’est pourquoi j’ai décidé de faire découvrir cette tradition en organisant un réveillon « à la française » avec mes amis cambodgiens. Bon on ne va pas se mentir, le résultat final n’avait pas grand-chose à voir avec un réveillon de Noël français. En effet, j’ai dû composer avec les moyens du bord. C’est-à-dire du matériel de cuisine limité et des ingrédients bien différents de ceux rencontrés en France. J’ai donc vite oublié les huîtres, le foie gras ou la bûche. Au menu donc :

  • En apéritif : punch avec toasts de … pâté (à défaut d’avoir du foie gras)
  • En plat : poulet « de Noël » accompagné d’un risotto qui n’a pas vraiment fait l’unanimité. En effet le parmesan et le vin blanc n’étaient pas vraiment du goût des cambodgiens que je pensais pourtant capable de manger de tout après les avoir vu ingurgiter toutes sortes d’aliments douteux au cours de mon séjour.
  • En dessert : des crêpes qui ont bien rattrapé le raté du risotto.

Bon le repas c’est bien beau mais Noël c’est avant tout les cadeaux ! C’est pourquoi chacun avait préparé à l’avance un cadeau que l’on a attribué par tirage au sort aux participants. Un bon moment de joie et de convivialité !


Voici un petit aperçu des photos de mes autres sorties. Retrouvez-les toutes avec des commentaires dans la galerie photos.


Après tous ces bons moments passés, il était temps de dire au revoir au Cambodge et à toutes ces personnes qui m’ont tant apporté pendant 3 mois. Un petit aller-retour à Phnom Penh pour échanger sur ma mission au bureau de l’association Mlup Baitong et pour faire mes au revoir à la maison des volontaires. Puis c’est au tour des enfants des deux écoles où j’ai enseigné avec lesquels j’avais prévu des jeux et quelques sucreries pour finir en beauté. Une dernière soirée avec mes amis, les remerciements à ma famille d’accueil et me voilà parti, le cœur lourd mais la tête remplie de merveilleux souvenirs.

L’heure est donc au bilan après ce premier volontariat humanitaire. En ce qui concerne ma mission, je suis un peu frustré il faut l’admettre car la raison première de mon engagement au Cambodge était de prendre part à un projet en lien avec l’écologie ce qui est finalement passé au second plan étant donné qu’on ne m’a pas accordé suffisamment de temps sur le terrain. Ma seule action a été d’initier un projet de gestion des déchets pour la communauté d’Ochoam ce qui est assez faible en 3 mois de présence. Par contre le sujet de l’enseignement des langues, qui devait être secondaire, est lui passé au premier plan puisque c’est à ça que j’ai consacré la majorité de mon temps. Cette première expérience d’enseignement que je ne savais pas trop comment appréhender a été une vraie révélation pour moi. Je me suis très vite senti en confiance avec les enfants et j’ai pris beaucoup de plaisir à enseigner en faisant toujours en sorte de rendre les leçons amusantes. Au fil des jours une vraie complicité s’est installée. Ma frustration de ne pas être plus engagé sur un sujet écologique a donc été oubliée grâce au bonheur que m’apportaient mes leçons quotidiennes de langues.

Sur le plan de l’échange culturel, ça a été une expérience incroyable. Le fait de vivre à Battambang, qui est une grande ville mais avec la campagne à deux pas et où les étrangers sont peu nombreux, m’a permis de rencontrer des cambodgiens authentiques et très accueillants. Je me sens vraiment privilégié d’avoir pu intégrer la vie de locaux pendant plusieurs mois, ce qui n’est pas donné aux touristes qui visitent le pays. Les contacts n’ont pas toujours été faciles à cause de la barrière de la langue et de leur timidité pour se lancer à parler anglais mais j’ai apprécié la simplicité que nous avions dans nos échanges. Parfois un simple sourire nous permettait de communiquer et de nous sentir complices. C’est grâce à cela que j’ai pu me sentir rapidement à l’aise et que j’ai pu commencer à créer de belles amitiés.

Pour ce qui est de la découverte du pays en lui-même, j’ai pu visiter des lieux très différents les uns des autres qui témoignent de toute la diversité et la richesse du Cambodge : des rues étouffantes de Phnom Penh aux paisibles îles du Sud en passant par l’inquiétante jungle du Ratanikiri et par les fascinants temples d’Angkor. Et encore, en 3 mois je suis loin d’avoir tout vu du pays. Cela me fait donc un excellent prétexte pour revenir au Cambodge ce que mes amis de Battambang m’ont vivement suggéré.

En attendant, il a bien fallu tourner la page car mon périple était loin d’être terminé et il me restait encore de magnifiques aventures à vivre. En quittant Battambang, j’ai pris la direction de la Thaïlande où je me suis arrêté 2 jours pour en visiter la capitale.


Bangkok

Une fois la frontière passée, j’embarque dans un mini-bus et tout de suite tout un tas de détails, normalement anodins pour nous français, me font bien comprendre que j’ai quitté le Cambodge : on me demande de mettre ma ceinture, il n’y a presque pas de motos sur les grands axes, les gens s’arrêtent vraiment aux feux rouges, les véhicules respectent leur voie de circulation. A Bangkok, le contraste se fait encore plus saisissant : d’énormes panneaux publicitaires jalonnent l’autoroute, les tuk tuks sont de vrais bolides puissants, il y a des trottoirs qui sont vraiment faits pour les piétons.

La fondation de Bangkok ne remonte qu’au XVIIIème siècle mais la ville s’est depuis bien développée et compte aujourd’hui quelques 10 millions d’habitants. Il s’y mélange des temples bouddhistes luxuriants et des marchés fourmillants.

Pour mon premier jour, je me suis rendu dans le centre touristique de la ville où j’ai visité plusieurs temples, notamment le Wat Arun assez atypique de par sa couleur blanche et sa forme en flèche ainsi que le Wat Pho qui abrite un énorme bouddha couché de 43 mètres de long. Je suis également allé au Grand Palais aux dimensions impressionnantes dans l’enceinte duquel se trouve le temple de Wat Phra Kaeo contenant un Bouddha d’émeraude et qui est l’un des lieux sacrés les plus importants de la Thaïlande.

Pour mon second jour de visite, j’ai voulu explorer des quartiers un peu plus excentrés au moyen d’un vélo de location. J’ai d’abord essayé d’emprunter des petites rues pour éviter la circulation mais je me suis vite retrouvé sur de grands boulevards où le traffic était très important et rapide. Il a donc fallu que j’appuie fort sur les pédales pour ne pas gêner les véhicules et me faire klaxonner. Un grand moment de sport, avec tous les thaïlandais qui me prenaient pour un fou !

Au cours de cette journée, j’ai pu visiter la Golden Mountain, une colline artificielle surmontée d’un temple, plusieurs marchés dont celui de Chinatown et quelques parcs à l’abri de l’agitation de la ville.

Après cette belle découverte, il était l’heure de m’envoler vers de nouveaux horizons, direction la perle de l’océan Indien pour 3 semaines.


Sri Lanka

Pour ce voyage j’ai eu l’honneur et le plaisir d’être accompagné de mon fidèle ami Maxence qui m’a rejoint directement depuis la France pour 10 jours. Nous avons pu découvrir ce magnifique pays ensemble et y rencontrer des locaux charmants et très accueillants. Mais ce voyage fera l’objet d’un prochain article qui paraitra, je l’espère, dans les prochains jours. Là je dois vous laisser, j’ai une session de surf dans une eau à 28°C qui m’attend… Il faut bien que je profite encore un peu de la chaleur avant de décoller pour les montagnes népalaises le 31 janvier.

Bises la France !