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Koh-Lanta : 2ème partie

Fin novembre j’ai accompagné une communauté de la province de Battambang avec Riethy pour une rencontre avec d’autres communautés dans la province de Stung Treng, à la frontière avec le Laos. L’objectif de cette visite pour les membres était d’échanger sur leurs pratiques en matière d’agriculture ainsi que sur leur mode de fonctionnement général. Moi je n’étais là qu’en tant qu’observateur mais j’en ai aussi profité pour découvrir une nouvelle région. Nous avons fait le trajet en mini-bus et comme souvent dans les transports au Cambodge, l’optimisation de l’espace l’emporte sur le confort. Ainsi nous avons voyagé pendant 12 heures à 16 personnes dans un véhicule qui ne comptait que 11 vrais sièges. Au bout de notre périple à travers le Nord-Ouest du Cambodge, nous sommes arrivés dans la ville de Stung Treng, sur les bords du majestueux Mékong.

Le Mékong vu depuis un pont

Le lendemain, nous avons rencontré les autres communautés. Les échanges ont été assez brefs et nous avons passé la plupart de la journée entre le transport en mini-bus et la visite de quelques sites d’intérêt. Nous nous sommes notamment arrêtés aux chutes d’eau de Preah Nimith, un site magique qui marque la frontière avec le Laos et où le Mékong démontre toute sa puissance.

L’excursion pour la communauté ne se déroulait que sur 3 jours : 2 jours de trajet pour un seul jour de visite. Comme je ne voulais pas avoir fait tout ce trajet sans avoir visité d’avantage les alentours, j’ai abandonné mes camarades de voyage qui rentraient à Battambang pour partir en expédition en solo. J’ai profité du mini-bus d’une autre communauté qui rentrait vers Phnom Penh pour qu’il me dépose à Ban Lung, capitale de la province du Ratanakiri, à l’extrémité Nord-Est du pays.

J’y ai passé la nuit puis le lendemain matin j’ai commencé mon aventure Koh-Lanta : un trek dans la jungle de 2 jours. J’ai fait équipe avec 4 allemands. Nous étions encadrés par 2 guides. Kimi, un guide professionnel anglophone et Wel, un guide local issu d’une minorité et qui ne parlait pas anglais. Notre aventure a débuté par un voyage en bateau d’une quarantaine de minutes sur la rivière Tonle San pour rejoindre le point de départ de notre marche où des buffles nous attendaient les fesses dans l’eau.

C’est là que les choses sérieuses ont commencé. Nous nous sommes mis en marche avec nos sacs à dos chargés de nos affaires pour la nuit et de nos provisions pour les deux jours. La première partie du trajet était dans les rizières et donc en plein soleil. Nous sommes donc assez rapidement monté en température. Au bout d’une petite heure, nous avons enfin rejoint la jungle et l’ombre. Là nous avons fait notre pause déjeuner où nous avons dégusté notre ration de riz servie dans une feuille de bananier.

Pendant la pause Kimi s’est amusé à construire une sarbacane en bambou qu’il a testée en utilisant des baies trouvées sur le passage comme munitions. Puis nous avons repris notre marche sur des sentiers qui se faisaient de plus en plus étroits au fur et à mesure que nous nous s’enfoncions dans la jungle jusqu’à ce qu’il n’y ait carrément plus de chemin. Les guides en tête nous ont alors ouvert la route à grands coups de machette. Tout le long de notre trek, Kimi nous montrait des végétaux aux propriétés intéressantes. Par exemple, il nous a expliqué que le liquide extrait du tronc d’un certain arbre avait le pouvoir d’étourdir les poissons lorsqu’il était versé dans une étendue d’eau. Ainsi, cela les faisait remonter à la surface où ils pouvaient être pêchés sans difficulté. Il nous a garanti que les poissons pêchés de cette manière étaient propres à la consommation. Il nous a également fait tester des feuilles et des écorces à l’odeur ou au goût surprenants. Nous avons aussi bu de l’eau contenue dans un bambou, un bon moyen de s’hydrater si on est perdu dans la jungle sans réserve.

Au bout de cette bonne marche, nous sommes arrivés à une cascade avec une petite piscine naturelle où nous nous sommes arrêtés pour établir notre campement pour la nuit. Mais ce n’était cependant pas encore l’heure de se reposer, nous étions convoqués pour l’épreuve de confort. Au programme : construction d’un radeau pour une navigation dans la piscine naturelle. Nous avons relevé ce challenge, bien aidé par Kimi qui nous a confectionné un radeau 100 % en bambou, idéal pour deux personnes mais un poil compliqué à manœuvrer dans un espace si restreint.

Après avoir relevé ce défi avec succès, l’heure de la récompense était venue. Les guides avaient fait un feu pour nous concocter un repas typique composé de légumes locaux cuisinés à l’intérieur d’un bambou servis avec du riz, le tout accompagné de l’alcool de riz local dégusté dans des verres en bambou, et en guise de dessert, des petits poissons cuits au barbecue, fraichement pêchés par Kimi.

Après ce bon repas, nous sommes restés à la lueur de la flamme, au milieu de l’obscurité profonde de la jungle, pour écouter les histoires captivantes de Kimi. Durant ce conseil improvisé, il nous a notamment parlé du tigre et de toute la légende construite autour. Même si leur nombre est en déclin, la région est toujours peuplée par quelques tigres qui peuvent parfois s’aventurer près des Hommes. Pas plus tard qu’un mois avant notre venue, un tigre s’est approché d’un village ce qui a déclenché une grande panique chez les habitants qui ont fébrilement sorti leur fusil. Mais aucun d’entre eux n’a osé tirer sur l’animal car pour ce faire il faut être sûr d’être en position pour l’abattre car il ne laissera pas de seconde chance. Même les chiens, d’habitude si bruyants, se sont tus comme hypnotisés par la présence de la bête qui a fini par rebrousser chemin.

Après avoir écouté ces belles histoires du soir, il était l’heure d’aller se coucher dans nos hamacs accrochés à une structure en bambou construite par Wel. Pour nous aider à trouver le sommeil, Kimi nous a ironiquement expliqué que comme il faisait nuit et que nous étions à côté d’une cascade, nous ne pouvions ni voir ni entendre les animaux donc aucune raison de s’inquiéter. Pas très rassurant quand même …

Notre campement pour la nuit

Après cette nuit peu reposante et très fraiche, nous nous sommes réveillés au petit jour. Les guides avaient déjà allumé le feu pour préparer le petit déjeuner qui était une nouvelle fois accompagné de poissons grillés pêchés du matin.

Petit déj : pain et poissons grillés

Nous avons assisté au splendide spectacle des premiers rayons du soleil transperçant la jungle épaisse pour plonger dans l’eau translucide du bassin naturel.

Puis nous nous sommes remis en route pour rejoindre notre point de départ par un chemin différent. Sur le retour, nos guides nous ont une nouvelle fois fait profiter de leurs connaissances. Ils nous ont montré un arbre auquel ils ont mis le feu afin d’en récupérer un liquide sécrété pour se défendre contre cette agression. Ce liquide visqueux est utilisé pour imperméabiliser les bateaux en bois.

Kimi nous a également fait manger des fourmis rouges vivantes étonnamment goûtues. Ils les utilisent parfois en cuisine pour remplacer le citron dans certaines sauces.

A défaut de trouver un collier d’immunité au cours de notre trek, nous avons fait la rencontre d’une belle araignée de la taille de ma main. Kimi s’est amusé à la prendre et à la mettre sur son bras pour nous effrayer.

Une fois revenus à notre point de départ au bord de la rivière, nous avons rechargé nos batteries avec un bon repas avant de reprendre le bateau en direction du village d’une tribu reculée. Ici les habitants vivent uniquement de l’agriculture et notamment de la riziculture. Ils ne parlent pas Khmer et utilisent un dialecte qui leur est propre pour communiquer. Le village étant proche de la rivière, tous les ans pendant la saison des pluies il est inondé. La plupart des maisons sont construites sur pilotis mais certaines sont de plain-pied et les habitants doivent donc déménager pendant les crues.

Nous avons visité le cimetière du village. Contrairement à la plupart des cambodgiens, cette tribu n’est pas bouddhiste et a ses propres rites. Kimi nous a expliqué le déroulement des funérailles qui sont une grande fête joyeuse où l’on célèbre le mort et où les gens se rencontrent et passent du bon temps ensemble. Ces célébrations s’étendent sur plusieurs jours au cours desquels de grands repas avec de la musique sont organisés. La tombe du défunt est décorée et des sacrifices d’animaux peuvent être effectués. Une seconde célébration a lieu un an après les funérailles puis la tombe est laissée aux mains de mère nature.

Après cette visite, nous avons de nouveau pris le bateau pour revenir au point où notre périple avait commencé. Comme il n’y avait plus de place dans la voiture pour rentrer sur Ban Lung à 30 km de là, c’est une moto-taxi qui a été chargée de me raccompagner. Au cours du trajet, j’ai compris pourquoi la province était surnommée « terre rouge ». Un nuage de poussière rouge s’élevait après le passage de chaque véhicule sur la route en terre et venait donner une belle teinte ocre à mes vêtements.

De retour à Ban Lung, j’ai passé la nuit dans une charmante auberge tenue par les personnes de l’agence avec laquelle j’avais fait mon trek. Le lendemain j’avais mon bus retour à 10 heures mais je voulais d’abord aller visiter les quelques sites d’intérêt alentour, à savoir quelques chutes d’eau et un lac de cratère. Comme le temps m’était compté, j’ai choisi l’option du scooter pour me déplacer. Une grande première pour moi en tant que conducteur que j’ai bien appréciée surtout lorsqu’il s’agissait de passer par des chemins en terre en mode tout terrain. Voici les photos rapportées de mes visites.

Retrouvez toutes les photos de cette expédition dans la galerie photos !

Profiter à fond

Le temps passe vite ici au Cambodge et je m’apprête déjà à rentrer dans le dernier mois de ma mission. Durant mes premières semaines, il m’a fallu un peu de temps pour trouver ma place et le sens de ma présence ici. Pendant cette période d’adaptation, mon attitude était un peu passive et je me contentais de laisser les choses se dérouler à leur rythme bien que trop lent pour moi. Mais cette période est révolue, j’ai maintenant trouvé le sens que je voulais donner à ma mission et j’ai décidé de suivre mon propre rythme. L’éclair est venu de l’école Beehive School. Alors que mon emploi du temps jusque-là ne comptait qu’un cours d’anglais d’une heure chaque soir, un peu de préparation avant et quelques visites très ponctuelles des communautés alentours pour assister mon collègue Riethy, j’ai vu passer une annonce sur Facebook pour donner des cours de français/anglais à des enfants. J’ai sauté sur l’occasion de remplir un peu plus mes journées et de faire ce pourquoi j’étais venu au Cambodge : du volontariat. Ainsi j’ai découvert Beehive School, une école au fonctionnement atypique. Contrairement aux écoles publiques où les parents doivent payer quelques dollars tous les mois pour que leurs enfants puissent être inscrits, les cours à Beehive School sont gratuits. Enfin pas totalement … ici la monnaie d’échange utilisée est le sac plastique ! Chaque jour, les enfants doivent amener des emballages plastiques usagés à l’école en échange de l’instruction. Ces sacs collectés sont utilisés par l’école avec l’aide des enfants pour fabriquer des écobriques, des « briques » faites à partir de bouteilles plastiques remplies d’emballages plastiques tassés qui peuvent ensuite être utilisés dans des constructions : banc, table, muret, délimitation d’espaces verts … Un moyen de donner une seconde vie au plastique et de sensibiliser les enfants au problème des déchets dont le Cambodge souffre. Dans cette école, seules les langues sont enseignées : anglais, français et allemand. Me concernant j’y donne des cours de français avec un peu d’anglais à raison de 2 heures par semaine. Comme les horaires se chevauchent avec mes cours d’anglais à l’école d’Anlong Vil, je ne peux enseigner qu’à la classe de niveau débutant composée d’enfants de 5 à 13 ans.

En ce qui concerne l’école d’Anlong Vil, je dispense maintenant mes cours toujours à la même classe, avec l’assistance du professeur cambodgien. Les élèves ont entre 15 et 17 ans et leur niveau d’anglais est intermédiaire. La timidité des premiers jours a laissé place à un enthousiasme parfois un peu trop débordant qui est un peu difficile à canaliser… Je ne m’en sors tout de même pas trop mal et essaye d’adapter mon cours au niveau d’excitation de la classe.

Concernant ma mission sur le terrain, je ne suis retourné qu’une seule fois à la communauté d’Ochoam pour deux jours. Tous les membres de la communauté étaient rassemblés pour avancer dans la construction du site d’éco-tourisme.

En ce qui me concerne j’ai eu la responsabilité de dispenser un cours de cuisine française aux femmes de la communauté. Au menu : bœuf bourguignon et crêpes. Le bœuf bourguignon a été plutôt une réussite même si les ingrédients dont je disposais étaient un peu différents de ceux trouvés en France. Les cambodgiens ont eu l’air de bien apprécier la recette et étaient étonnés de ne presque pas sentir le goût du vin alors que j’en avais versé presque une bouteille entière.

Pour les crêpes, ce ne fut pas la même histoire. A défaut de trouver de la farine, on avait acheté une préparation à laquelle il suffisait d’ajouter le lait. La fabrication de la pâte s’est donc déroulée sans accroc. En revanche la confection des crêpes a été plus chaotique. Comme la cuisine n’était pas équipée de poêle, j’ai dû utiliser un wok pour cuire les crêpes ce qui ne s’y prête vraiment pas à cause du fond arrondi et de la surface très adhésive. Je n’ai donc pu faire mieux que des espèces de pancakes à moitié déchirés. Je les ai tout de même donnés à déguster à la communauté après avoir étalé de la confiture et ils ont trouvé ça bon.

En plus du cours de cuisine, j’ai également dispensé un cours de gestion des déchets devant l’ensemble de la communauté. Ce sujet est vraiment problématique au Cambodge car le pays manque cruellement d’infrastructures pour traiter tous les déchets qu’il produit. A part dans les très grandes villes, aucun système de collecte des ordures n’existe. Les habitants doivent donc s’en occuper eux-mêmes. Les deux seules alternatives qui s’offrent à eux sont soit de les brûler, mais cela produit des fumées toxiques, soit de s’en débarrasser directement dans l’environnement. Cependant, grâce à ce que j’ai appris à Beehive School, j’ai pu leur présenter une troisième solution : celle des écobriques.

Ma première écobrique

Cela permet de réutiliser une bonne partie des plastiques usagés de la communauté et donc de réduire leur production de déchets. Au-delà de ça, la fabrication d’écobriques est un processus complexe, de la collecte des déchets à leur utilisation dans des constructions, qui demande une bonne collaboration entre les acteurs. C’est donc un excellent moyen d’éduquer les membres de la communauté à la gestion des déchets en les impliquant dans ce travail de longue haleine. Les constructions finales seront mises en place sur le site d’écotourisme et témoigneront de la volonté de faire d’Ochoam un site respectueux de l’environnement, ce qui est essentiel pour un site d’écotourisme. Enfin, au bout de la chaîne, cela permettra de sensibiliser les visiteurs qui profiteront des équipements, à la gestion des déchets et de montrer que des solutions existent.

Cette présentation a été très bien reçue par les membres de la communauté qui m’ont montré qu’ils étaient prêts à démarrer « l’Aventure Ecobrique ». J’ai donc commencé à préparer un plan d’action à mettre en place que je présenterai à la communauté à ma prochaine visite. Cependant ces visites sont très rares (seulement 2 en 2 mois pour l’instant) et leur rythme ne dépend pas de moi, j’ai donc bien conscience qu’il sera impossible d’achever ce plan d’action d’ici la fin de ma mission. Toutefois je vais essayer de faire avec les moyens qu’on me donne pour avancer au maximum sur le sujet avant de, je l’espère, passer le témoin à quelqu’un d’autre.

Même si ma présence sur le terrain n’est pas assez régulière à mon goût, je suis quand même content d’être engagé dans un projet en lien avec l’écologie qui donne un vrai sens à ma mission et qui aura un impact concret sur la vie des habitants de la communauté.

Pendant mon temps libre à Ochoam, j’ai pu partir en balade dans la jungle le long d’une cascade. L’occasion de découvrir un site spectaculaire mais pas encore prêt à accueillir les touristes étrangers du fait des nombreux déchets qui jalonnent le parcours.

Pour ce qui est de ma vie de tous les jours à Battambang, elle est toujours aussi agréable et je m’y sens de mieux en mieux intégré. Mais bon, mes yeux ne sont toujours pas bridés et ma peau est encore blanche donc les khmers me regardent toujours comme un « baran », comprenez un français, un amalgame commis par les cambodgiens pour désigner l’ensemble des étrangers mais qui dans mon cas est plutôt approprié.

Pour faciliter mon intégration, j’ai appris quelques bases de Khmer. C’est insuffisant pour communiquer bien sûr mais cela me permet de reconnaitre des morceaux de conversation et de placer les mots que je connais. C’est toujours très bien reçu par les cambodgiens qui sont étonnés d’entendre du Khmer sortir de la bouche d’un « baran » et apprécient l’intérêt que je porte à leur culture.

Pendant mon temps libre, j’ai aussi approfondi un peu mes visites de la région. Je suis notamment allé visiter dernièrement Samphov Mountain, une colline surmontée de temples et abritant des grottes, le tout à une quinzaine de kilomètres de Battambang, rien d’insurmontable à vélo. J’avais entendu dire que la colline abritait des singes et j’espérais pouvoir les voir cette fois comme je les avais manqués dans la jungle. Le suspense aura été de courte durée. A peine arrivé, une poignée de macaques attendent les touristes en bas des marches grimpant sur la colline. Et ce n’est qu’un échantillon, les singes jalonnent les escaliers menant au sommet en espérant que des touristes veuillent bien les nourrir. Il vaut mieux garder sa nourriture dans son sac ici. Une fillette en a fait les frais. Elle a dû abandonner, à son grand désespoir, la fin de son gâteau au profit d’un singe qui l’avait repéré. C’est la première fois pour moi que je vois des singes en liberté. On ne peut cependant pas dire qu’ils sont à l’état sauvage, leur présence est intimement liée à celle des Hommes. Je suis ébahi par leur comportement tellement semblable à celui des humains. Dans un coin, deux macaques, l’un déguste le quatre-heures abandonné par la fillette en prenant soin de bien déchirer l’emballage et l’autre se désaltère avec une bouteille d’eau qu’il ouvre sans aucune difficulté.

En plus des singes, la colline est réputée pour ses chauves-souris qui s’envolent par milliers chaque jour à la tombée de la nuit depuis une grotte. Malheureusement pour moi je n’ai pas pu assister à ce spectacle que j’ai attendu jusqu’à la tombée de la nuit depuis le haut de la colline, jusqu’à ce que je me rende compte que le point d’observation se situait en fait en bas. Ce n’est que partie remise. Mais il me faut maintenant rentrer avec ma monture. Et avec toute cette attente, il fait maintenant nuit noire. Heureusement j’ai prévu l’éclairage. Les 15 km de route jusqu’à la maison se sont plutôt transformés en une trentaine de kilomètres après avoir fait un détour pas très stratégique pour éviter la grande route où la circulation est trop importante. Mais le trajet retour s’est déroulé sans encombre et mon assiette de riz m’attendait à la maison. Voilà quelques photos de cette petite sortie.

Ce dimanche, j’ai organisé un après-midi de jeux d’extérieur avec les enfants de Beehive School pour leur faire découvrir les jeux français et passer un bon moment tous ensemble. Je me suis donc transformé en animateur de centre aéré le temps d’un après-midi. La première étape a été de trouver un terrain adapté, c’est-à-dire suffisamment grand et ombragé car il fait plus de 30°C en plein après-midi. Il s’est trouvé que le seul dans les alentours qui répondait à ces critères était un champ habité par quelques vaches qui avaient laissé de gros trous dans le sol. Plus d’une trentaine d’enfants avaient répondu à l’appel. Heureusement, un ami professeur d’anglais et le directeur de l’école étaient venus m’aider. Ce qui n’était pas de trop pour gérer toute cette petite troupe bien excitée et pour m’aider à expliquer les règles des jeux en traduisant en Khmer. Au programme de l’après-midi : Tomate, Passe à 10, Balle aux prisonniers et Dobble.

Le week-end prochain je pars à Siem Reap pour visiter les fameux temples d’Angkor, un incontournable du Cambodge. Le dimanche je participerai aux 10 km d’Angkor Vat, une course internationale se déroulant dans l’enceinte du site d’Angkor. Un magnifique week-end en perspective dont je vous ferai bien entendu le récit.

Koh-Lanta : 1ère partie

La semaine dernière se déroulait les célébrations nationales de la fête des Eaux à Phnom Penh. A cette occasion, 4 jours fériés consécutifs, du samedi au mardi, sont accordés à l’ensemble du pays. J’ai donc saisi l’opportunité de ce week-end à rallonge pour partir faire ma première expédition en solo dans le pays : direction les îles paradisiaques du Sud du Cambodge !

Mais une telle destination ça se mérite. Depuis Battambang, pas moins de 15 heures de bus m’attendent pour rejoindre Sihanoukville, lieu de départ des ferrys. J’ai pu goûter au plaisir des bus de nuit où l’on doit partager une couchette plus petite qu’un lit simple avec un total inconnu. Après ce petit trajet des plus agréables, me voilà à Sihanoukville. J’avais entendu dire que cette ville n’était pas très jolie à visiter, mais c’est encore pire que ce que je pensais. Toute la ville est en travaux ! Cette cité balnéaire auparavant assez paisible a complétement changé de visage depuis trois ans du fait d’investissements chinois massifs qui veulent en faire une destination touristique de luxe. Les conséquences de ce développement précipité : de la poussière partout, des ouvriers travaillant dans des conditions exécrables, des cambodgiens chassés de leurs habitations et un environnement complètement délaissé.

A ce stade, rien ne laisse penser que je vais me rendre dans un endroit paradisiaque à part peut-être la concentration d’occidentaux qui augmente de plus en plus en se rapprochant du ferry.

A 16h, j’arrive enfin sur l’île de Koh Rong Sanloem. Le décor est digne de Koh-Lanta avec la civilisation en plus. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien, 2 saisons de l’émission ont été tournées sur l’île voisine de Koh Rong. J’ai l’impression de rentrer dans une bulle dès que je pose mon premier pied sur la jetée. Là-bas, pas de chauffeur de tuk tuk pour m’accoster à chaque pas que je fais, de toute façon il n’y a aucun transport sur l’île.

Ce n’est cependant pas encore le moment de se reposer pour moi. J’ai une heure de marche pour atteindre mon hébergement à Sunset Beach, une plage reculée réputée pour ses couchers de soleil. Je longe la plage principale longue de plus de 2 km où se succèdent resort de luxe et bungalows plus sobres. Les touristes se prélassent entre leur logement et la plage. L’atmosphère est paisible, le temps a l’air de s’être arrêté. Je m’enfonce ensuite dans la jungle pour rejoindre l’autre côté de l’île. Le changement de décor et d’ambiance est brutal lorsqu’on quitte la plage. Avec les cris stridents des insectes, l’atmosphère y est plus inquiétante. Il vaut mieux s’équiper de répulsif anti-moustique ici. Il me semble distinguer des cris de singe parmi le bruit ambiant mais je ne parviens pas à les apercevoir.

Arrivé à Sunset Beach, j’ai juste le temps de prendre mon logement avant de me poser sur la plage pour voir le coucher de Soleil.

Je ne regrette vraiment pas mon choix de logement, cette plage est plus sauvage que la plage principale et le personnel est super accueillant. Malheureusement pour moi je n’ai réservé qu’une nuit ici en pensant que cela suffirait pour profiter de l’île mais au vu de mon arrivée tardive, repartir dès le lendemain serait trop précipité. Je choisis donc de prendre une nuit de plus dans une auberge de la plage principale cette fois car mon premier logement est complet. J’ai donc pu passer deux jours sur l’île entre plage, baignade, snorkeling et balades.

Ces jolies photos ne reflètent cependant pas toute la réalité de l’île. Ce paradis de façade cache quelques vérités plus désagréables. Comme le reste du Cambodge, Koh Rong Sanloem n’est pas épargné par le problème des déchets. Bien que certains hôtels fassent des efforts en nettoyant quotidiennement leur section de plage, cette attitude est loin d’être généralisée. A certains endroits, la pollution visuelle est telle que certains touristes prennent eux-mêmes les choses en main en remplissant des sacs de déchets. Evidemment ces ordures délaissées ne mettent pas très longtemps avant de se retrouver dans la mer.

Durant mon séjour à Koh Rong Sanloem, j’ai également eu le temps de faire quelques balades dans les terres. Et je me suis vite rendu compte que l’île ne se prêtait pas trop à la randonnée. Les chemins ne comportent aucun balisage et il est très compliqué de savoir d’où partir. Ici, on attend plutôt des touristes qu’ils restent tranquillement entre la plage de leur hôtel et le restaurant le plus proche. Animé par mon âme d’explorateur, j’ai quand même décidé de m’enfoncer un peu dans la jungle, enfin ce qu’il en reste. Même si de loin elle semble dense, en y pénétrant on se rend compte que de grandes étendues de forêts ont été abattues. C’est le prix à payer pour subvenir au besoin des complexes hôteliers de plus en plus nombreux sur l’île.

Malgré ces quelques désagréments, j’ai pu profiter pleinement de la douceur de la vie sur l’île au cours de mon séjour. Lors du retour à Sihanoukville, le ferry s’est complètement arrêté au beau milieu de la traversée, créant une petite panique, surtout chez les touristes chinois qui se sont aussitôt mis à enfiler leur gilet de sauvetage. Excepté un qui a plutôt choisi de sortir sa canne à pêche et de lancer son hameçon depuis le ferry. Heureusement cette petite pause a été de courte durée et nous avons pu repartir même si la puissance du bateau semblait bien diminuée. En se rapprochant de Sihanoukville par la mer, on se rend encore mieux compte de la multitude de construction en cours. Il y a autant de grues que d’immeubles construits.

Ma destination suivante est la plage d’Otres Beach, réputée comme étant la plage la plus populaire du Cambodge, à quelques kilomètres du centre de Sihanoukville. Mais là encore, les investissements chinois ont fait leur chemin et les trois kilomètres de plage ne sont qu’une succession d’immeubles en construction.

La plage en elle-même reste toutefois assez agréable et les cambodgiens y sont présents en nombre pour se relaxer et faire des barbecues entre amis ou en famille.

Le lendemain, pour conclure mon voyage, j’avais réservé une excursion en bateau sur les îles voisines. J’ai passé la journée dans un groupe de dix touristes emmenés par notre conducteur de bateau cambodgien qui nous a fait voir plusieurs sites d’intérêts sur des îles presque désertes. Au programme : snorkeling, relaxation sur la plage, barbecue et plongeon depuis un rocher.

Après ce beau séjour rempli de souvenirs et de coups de soleil, il était temps de reprendre le bus de nuit pour rentrer. J’ai une nouvelle fois pu profiter des joies des couchettes que j’ai, cette fois, eu la chance de partager avec un letton alcoolisé, ronflant et un peu envahissant. Avant de revenir à Battambang, j’ai fait escale à Phnom Penh pendant trois jours pour suivre une formation avec les autres membres de mon ONG. Au cours de ce petit séjour dans la capitale, j’ai eu l’occasion de vivre un petit moment privilégié. Un soir après ma journée de formation, j’ai voulu aller courir. Comme les rues de Phnom Penh ne se prêtent pas du tout à la pratique de la course à pied, je me suis rendu au stade olympique qui, contrairement à ce que son nom laisse penser, n’a jamais accueilli les Jeux Olympiques. C’est le seul stade digne de ce nom au Cambodge et il fait partie d’un grand complexe sportif où les cambodgiens se réunissent pour pratiquer tout un tas de sports : aérobic, marche, volley, football, badminton, tennis, sports de combat et même pétanque. Problème : en arrivant sur place, les gens faisaient leur exercice autour du stade mais personne dans le stade qui semblait fermé. J’ai quand même voulu vérifier par moi-même. J’ai réussi à pénétrer à l’extérieur des tribunes puis à descendre jusqu’au bord des grilles de la piste d’athlétisme sans que personne ne m’arrête. Arrivé en bord de terrain, je comprends pourquoi le stade est fermé. Les cambodgiens sont en train de faire les préparatifs pour un match de foot le lendemain. Malgré cela, emporté par mon envie, je demande gentiment à un membre du staff si je peux aller sur la piste pour courir. Il demande à son collègue puis me fait signe que je peux y aller. Le kif ! Une piste à 8 couloirs pour moi tout seul dans un stade de 60 000 places tout éclairé. Malheureusement le plaisir sera de courte durée et je n’aurai le droit qu’à un tour d’honneur. A la sortie du deuxième virage un membre de la sécurité m’attend et me fait signe de quitter la piste. Malgré quelques tentatives de négociation, il ne veut rien entendre. Mon moment de gloire est terminé.

Les photos présentées dans cet article sont un « best-of » de mon expédition. Rendez-vous dans la Galerie Photos pour retrouver l’intégralité des photos avec des commentaires.

Un Occidental au Cambodge

Sua S’dei !

Cela fait près de deux semaines que je suis arrivé dans ma famille d’accueil. Cette immersion complète dans la culture cambodgienne est une expérience enrichissante et pour le moins dépaysante. La famille est constituée de Riethy, de ses parents, de son frère, sa belle-sœur et leur bébé de 3 mois. A part Riethy personne ne parle anglais, je suis donc confronté à la barrière de la langue qui est assez difficile à surmonter et limite beaucoup les échanges. En ce qui concerne la maison, le confort y est très sommaire même si en ce qui concerne ma chambre je n’ai pas trop à me plaindre. J’ai le luxe d’avoir une moustiquaire qui me protège des nombreux moustiques (beaucoup d’eau stagnante dans les environs) mais également de toutes autres bêtes désagréables comme les geckos qui viennent régulièrement me rendre visite. La salle de bains est quant à elle plutôt rudimentaire. Comme la maison n’est pas alimentée en eau courante, les douches se prennent en se versant des seaux d’eau provenant d’un bassin de récupération des eaux de pluie. Idem pour la chasse d’eau des toilettes.

Battambang a beau être une des plus grandes villes du Cambodge, elle ne fait pas partie des destinations touristiques majeures du pays. De ce fait, il y a très peu d’occidentaux et les locaux sont très intrigués lorsqu’ils en croisent un. A chaque fois que je sors, je suis donc l’objet de dizaines de regards interrogateurs qui se tournent vers moi. Je trouvais ça un peu oppressant au départ mais j’ai vite dépassé ce sentiment lorsque j’ai compris que ces regards n’étaient pas synonymes d’agression ou d’exclusion mais simplement de curiosité. La meilleure façon d’y répondre est simplement de sourire. Il en est de même avec les enfants qui, un peu moins timide eux, me lancent des « Hello » accompagnés d’un grand sourire pour attirer mon attention et pratiquer leur anglais avec moi.

Ma nouvelle popularité m’a donc permis de faire quelques rencontres sympathiques et d’échanger quelques mots d’anglais, parfois de français ou simplement quelques gestes avec des cambodgiens toujours très accueillants.

Concernant ma mission, les cours d’anglais vont bon train. Je me rends tous les soirs à l’école pour donner une leçon d’une heure que je veux la plus ludique et la plus interactive possible. L’école comporte 10 classes d’enfants âgés de 7 à 17 ans qui sont classés par niveau. Jusqu’ici je n’ai jamais eu deux fois la même classe. Lors de mes leçons, je suis souvent assisté du professeur cambodgien habituel qui peut traduire en Khmer ce que les enfants ne comprennent pas. Je fais découvrir aux enfants la culture française via des activités et des jeux ce qui suscite un vif enthousiasme de leur part.

Je me rends compte que les enfants connaissent très peu de choses sur la France, voire rien du tout. Durant une de mes leçons, après avoir expliqué pendant plusieurs minutes aux enfants que la capitale de la France était Paris et parlé des monuments emblématiques, je me suis rendu compte qu’une des élèves portait un maillot du PSG avec la Tour Eiffel comme logo sans vraiment savoir de quoi il s’agissait.

Pour ce qui est de ma mission sur le terrain, elle n’a pas encore vraiment commencé. J’ai simplement assisté à quelques réunions entre les membres de la communauté et Riethy. Mais malheureusement pour moi, tout se déroule en langue Khmer et je ne me sens d’aucune utilité lors de ces rendez-vous.


Au cours de ces derniers jours, j’ai également pu approfondir mes visites de Battambang et de sa périphérie. Voici quelques photos rapportées :

Retrouvez encore plus de photos et des descriptions dans la galerie photos.

A bientôt !

Battambang

Me voilà arrivé depuis jeudi dans la province de Battambang. C’est là où je passerai toute la durée de ma mission, entre la ville de Battambang et la communauté d’Ochoam (à 2 heures de Battambang).

Pour toute cette mission je serai accompagné de Riethy, un membre de l’ONG Mlup Baitong qui s’occupe de tous les projets dans la province de Battambang.

Depuis mon arrivée jeudi, je suis provisoirement hébergé dans une auberge proche du centre-ville. Mais je serai prochainement amené à déménager chez Riethy et sa famille à quelques pas de la ville, ce qui sera mon logement définitif pour les périodes où je travaillerai dans la ville de Battambang.

On m’a prêté un vélo grâce auquel j’ai pu commencer à visiter Battambang et ses environs. Le trafic y est beaucoup moins dense et chaotique qu’à Phnom Penh, ce qui facilite les déplacements. Voilà quelques images de mes visites :

J’ai beaucoup de chance car mon arrivée à Battambang coïncide avec la célébration du festival de l’eau qui marque la fin de la saison des pluies. C’est un peu les férias à la cambodgienne où, plutôt que des cœurs de canard, on préfère manger tout plein d’insectes et autres œufs fécondés que j’ai eu la « chance » de goûter … Le point d’orgue des festivités est la course de bateaux sur la rivière où des dizaines d’équipages, venus des 4 coins de la province, s’affrontent en 1 contre 1. Les vainqueurs défieront les champions des autres provinces lors du festival de l’eau de Phnom Penh au mois de Novembre.

Dimanche, je suis allé avec Riethy dans la communauté d’Ochoam, au fin fond de la province. C’est un endroit magnifique, à la bordure de la montagne et de la jungle épaisse. Les habitants, avec l’appui de l’association Mlup Baitong veulent y développer un complexe d’éco-tourisme. Mon rôle là-bas sera de contribuer au développement de la communauté par l’éducation et la sensibilisation des personnes.

La communauté d’Ochoam

Aujourd’hui j’ai donné mon premier cours d’anglais dans une école de Battambang à une classe d’une vingtaine d’enfants âgés de 12 à 15 ans. Ma première leçon a porté sur la France et la culture française. J’ai essayé de les faire interagir mais c’était assez compliqué car ils étaient tous très intimidés et ne maîtrisent pas assez l’oral pour se lancer à prendre la parole. C’était quand même super cool et j’ai hâte d’être à la prochaine fois !

Lea sen hery les amis !